Lhermitte s'effondre et est évacuée
n.c.
Mercredi 10 décembre 2008
Mercredi, Geneviève Lhermitte a dû être évacuée de la salle d'audience. Elle n'a pas supporté les descriptions du médecin légiste relatant la mort par égorgement de ses enfants. En pleurs, elle a hurlé quelques mots difficilement audibles et notamment "arrêtez, arrêtez c'est la faute de Schaar" ou "mes enfants, mes enfants". Elle a regagné la prison. C'est la première fois qu'elle craque totalement depuis le début du procès. L'audience s'est poursuivie sans elle.
Le Dr Frédéric Bonbled avait entamé depuis moins d'une heure son exposé précis et chirurgical sur les constatations qu'il a effectuées sur les corps mutilés lorsque Geneviève Lhermitte a commencé à pleurer. Soudainement, folle de douleur, Geneviève Lhermitte a crié quelques mots difficilement audibles et notamment "arrêtez, arrêtez", "c'est la faute de Schaar", ou "mes enfants!, mes enfants!". Dans ces bouts de phrases difficilement compréhensibles, Geneviève Lhermitte semble également avoir mis en cause son mari, Bouchaïb Moqadem. Elle s'est effondrée sans perdre conscience.
Le président de la cour d'assises, Luc Maes, a demandé qu'elle soit évacuée de la salle d'audience. Les avocats de Geneviève Lhermitte ont accepté de la représenter le temps qu'elle récupère. Evacuée de la salle d'audience par deux policiers et des secouristes, Geneviève Lhermitte a alors été examinée par un médecin au palais de justice tandis que le Dr Bonbled poursuivait son exposé devant la cour d'assises.
A 17h15, après une interruption au cours de laquelle il s'est informé sur l'état de santé de l'accusée, M. Maes a indiqué qu'il était préférable qu'elle rentre à la prison car "elle a fait un malaise, peut-être pas très important". Ses avocats ont accepté de le représenter jusqu'à la fin de l'audience de mercredi. Me Xavier Magnée et Daniel Spreutels ont expliqué, hors audience, que leur cliente ne dormait plus depuis trois jours, estimant que le malaise de Geneviève Lhermitte était une "explosion de tristesse" causée "par un état de fatigue extrême combiné à l'émotion". Mis en cause par Geneviève Lhermitte, Michel Schaar n'y croit pas. Il a parlé, hors audience, d'une "théâtralisation indigne" de l'accusée. Les images, tout autant que les explications du Dr Bonbled, ont témoigné de l'extrême violence qui a précédé la mort des cinq enfants.
Interrogé sur le modus operandi, le Dr Bonbled a souligné qu'il "était malaisé d'accepter la notion d'une complète improvisation" dans le chef de Geneviève Lhermitte. "Il y a, à tout le moins, une réflexion intellectuelle au préalable", a-t-il ajouté. Présent au cours de la reconstitution judiciaire, le Dr Bonbled a souligné que Geneviève Lhermitte avait confié avoir fait le choix de l'égorgement car c'est une manière de tuer plus fiable. Elle a minimisé la violence des faits, a-t-il poursuivi. Et de souligner qu'elle a minimisé le nombre de coups de couteau qu'elle a porté à ses enfants, qu'elle n'a pas décrit les projections de sang lors des égorgements et qu'elle a minimisé la lutte de ses enfants pour se défendre. Pour M. Bonbled, le discours de Geneviève Lhermitte au cours de cette reconstitution a surtout porté sur ses propres sentiments, plutôt que sur ce qu'ont éprouvé ses enfants. Il s'est étonné du self control de Geneviève Lhermitte qui est parvenue à appeler ses enfants, pour les tuer les uns après les autres, sans éveiller de méfiance chez eux.
Interrogé sur les douleurs ressenties par les enfants, il a souligné que les douleurs au thorax -telles qu'ont pu le ressentir les trois aînées - sont "parmi les plus intenses que l'on peut ressentir". "Elles sont décédées dans un tableau de douleur multiple et prolongée", a-t-il conclu. Quant à la tentative de suicide de Geneviève Lhermitte, il la juge crédible. "On peut estimer qu'elle a eu une certaine chance par la trajectoire de la lame", a-t-il estimé. Les médecins psychiatres et les psychologues qui ont examiné Geneviève Lhermitte seront entendus ce jeudi.
(belga)
