Les psychiatres vont réexaminer Lhermitte
n.c.
Mercredi 10 décembre 2008
Le président des assises du Brabant wallon a ordonné aux trois experts psychiatres, qui avaient examiné Geneviève Lhermitte en cours d'instruction, de la réexaminer dans les prochains jours en vue de faire rapport sur son état mental à la cour. Une décision prise à la lumière de la lettre d'appel à l'aide que Geneviève Lhermitte avait envoyée à son psychiatre un jour avant d'égorger ses enfants, et présentée contre toute attente ce jeudi. Relisez le direct commenté de la quatrième journée des débats relatés par Marc Metdepenningen.
Le président de la cour d'assises du Brabant wallon a ordonné jeudi aux trois experts psychiatres, qui avaient examiné Geneviève Lhermitte en cours d'instruction, de la réexaminer dans les prochains jours en vue de faire rapport sur son état mental mardi devant la cour d'assises.
Lors de l'instruction, ces trois experts psychiatres avaient estimé que Geneviève Lhermitte "était dans un état anxio-dépressif sévère qui a favorisé le passage à l'acte et a altéré profondément - mais non aboli - son discernement". Ils concluaient, dans ce rapport remis au printemps, qu'elle n'était pas au moment des faits et n'est pas actuellement dans un état de démence ou dans un état grave de déséquilibre mental ou de débilité mentale la rendant incapable du contrôle de ses actions. Ils ajoutaient que l'inculpée ne pourrait constituer un danger particulier pour autrui qu'en cas de reproduction, très improbable, d'un contexte de vie similaire. Ils ne plaidaient dès lors pas pour l'internement de Geneviève Lhermitte en vertu de la loi de défense sociale qui aurait impliqué qu'elle ne serait pas jugée par une cour d'assises.
Les trois experts psychiatres, qui témoignaient jeudi devant la cour d'assises, devront réexaminer cette question de l'état mental à la lumière de la lettre d'appel à l'aide que Geneviève Lhermitte avait envoyée à son psychiatre un jour avant d'égorger ses enfants, a précisé le président de la cour d'assises. Ce courrier a été divulgué jeudi à la cour d'assises par son psychiatre qu'elle consultait en 2007.
"J'ai des idées noires. Je sais que ce sont des idées suicidaires qui vont m'entraîner moi et je sais que je vais prendre mes enfants parce qu'il n'y a pas d'avenir", écrivait Geneviève Lhermitte dans ce courrier d'appel à l'aide au Dr Veldekens, son psychiatre traitant. Celui-ci a précisé jeudi que son emploi du temps n'avait pu lui permettre de recevoir sa patiente le jour-même.
Dans leur rapport à rendre mardi, les trois experts psychiatres devront non seulement se prononcer sur l'état éventuel de déséquilibre ou de démence mentale de Geneviève Lhermitte au moment des faits, mais également sur son état actuel. Ils devront également déterminer si elle représente un danger social particulier. Avant de libérer les trois experts psychiatres pour préparer leur examen de Geneviève Lhermitte, le président de la cour d'assises les a éclairés sur le malaise vagal dont a été victime l'accusée mercredi après avoir été évacuée de la salle d'audience.
Il leur a rappelé qu'il l'avait fait sortir car elle était intervenue violemment, en demandant au médecin légiste d'arrêter son récit sur les lésions infligées à ses enfants, en disant qu'elle n'avait pas tué ces enfants et que les auteurs étaient son mari Bouchaïb et le Dr Schaar, qualifiés de salopards.
Hors audience, Me Nathalie Gallant, avocate d'une membre de la famille Moqadem, a estimé que Geneviève était au moment des faits dans un état de déséquilibre grave et qu'elle pourrait représenter un danger pour Bouchaïb Moqadem et le Dr Schaar si elle n'était pas internée. Un éventuel avis des experts psychiatres concluant à un déséquilibre mental ne conduirait pas à un internement.
A ce stade de la procédure, seul le jury peut dire que Geneviève Lhermitte était (ou est) en état de déséquilibre mental et représente un danger pour la société si une question lui est posée dans ce sens lors de la délibération sur la culpabilité.
(D'après Belga)
