Terrorisme: six personnes inculpées
n.c.
Vendredi 12 décembre 2008
Six des quatorze personnes interpellées jeudi à Bruxelles et à Liège ont été placées sous mandat d'arrêt et inculpées d'appartenance à un réseau terroriste. Parmi elles, Malika El-Aroud, veuve d'un des kamikaze qui a assassiné le commandant Massoud le 9 septembre 2001 en Afghanistan.
Six des quatorze personnes interpellées jeudi à Bruxelles et à Liège ont été placées sous mandat d'arrêt et inculpées d'appartenance à une organisation terroriste. Il s'agit de cinq hommes et une femme tous de nationalité belge, a expliqué, vendredi, la porte-parole du parquet fédéral, Lieve Pellens. Malika El-Aroud, veuve d'un des kamikaze qui a assassiné le commandant Massoud le 9 septembre 2001 en Afghanistan, est cette femme a appris Belga à bonne source.
Au total, sept des quatorze personnes interpellées jeudi matin par la police judiciaire fédérale dans le cadre d'une enquête terrorisme ont été présentées devant le juge d'instruction. Ce dernier a décidé de ne pas poursuivre l'un d'eux.
Les cinq hommes sont tous âgés entre 20 et 30 ans, seule la femme est plus âgée, a précisé Lieve Pellens qui n'a nommé aucune des personnes inculpées. Il s'agit de Malika el-Aroud, l'épouse d'Abdessatar Dahmane, l'un des deux kamikazes qui a assassiné le commandant Massoud en 2001.
Les six personnes devront comparaître devant la chambre du conseil de Bruxelles dans les cinq jours.
Jeudi matin, quatorze personnes suspectées d'appartenir au réseau terroriste al-Qaïda, dont un homme qui semblait être sur le point de commettre un attentat-suicide comme en témoignerait le testament retrouvé à l'occasion d'une des seize perquisitions menées.
L'action de la police judiciaire avait été précipitée par la proximité du sommet européen qui s'est ouvert jeudi après-midi à Bruxelles.
Le niveau d'alerte terroriste en Belgique ne sera pas relevé à la suite de l'interpellation de 14 personnes à Bruxelles et Liège, soupçonées d'appartenir à la branche belge d'al-Qaida, a indiqué jeudi Peter Mertens du Centre de crise des Affaires étrangères.
"Après avoir analysé la situation de façon approfondie, nous avons décidé de ne pas relever le niveau
d'alerte terroriste. Les interpellations de jeudi ne changent donc rien ni au niveau national ni pour le sommet européen", explique Peter Mertens.
Le niveau 2, sur un total de 4 niveaux, est donc maintenu. Ce niveau, qui est en vigueur depuis longtemps, fait état d'une menace latente.
Pour rappel, à quelques heures d’un sommet européen à Bruxelles, la police a interpellé jeudi 14 membres présumés du réseau terroriste Al-Qaïda, y compris un homme qui semblait sur le point de commettre un attentat-suicide.
« Nous ne savons pas où cet attentat-suicide était envisagé. Il pourrait s’agir d’une opération au Pakistan ou en Afghanistan, mais il ne pouvait être totalement exclu que la Belgique ou l’Europe puissent avoir été une cible », a déclaré lors d’une conférence de presse le procureur fédéral belge Johan Delmulle.
Selon des informations très récentes parvenues aux enquêteurs, a-t-il expliqué, le suspect avait « reçu le feu vert pour exécuter une opération dont il estimait qu’il ne reviendrait pas » et « avait dit adieu à ses proches, parce qu’il voulait aller au paradis avec la conscience tranquille ».
Les enquêteurs ont également eu vent d’une cassette vidéo d’adieu et de la « mise à l’abri » de femmes et d’enfants de l’entourage, comme c’est déjà arrivé à la veille d’attentats.
« Ces informations, liées au fait que le sommet européen se déroule en ce moment à Bruxelles (le sommet devait ouvrir à 15H00) ne laissait évidemment pas d’autres choix que d’intervenir aujourd’hui », a ajouté M. Delmulle.
Le chef de la police judiciaire, Glen Audenaert, a précisé que 242 policiers avaient pris part à 16 perquisitions à Bruxelles et à une à Liège.
Les 14 personnes privées de liberté, des hommes et des femmes, ont été présentées dans la journée aux juges d’instructions antiterroristes Daniel Fransen et Berta Bernardo-Mendez.
L’enquête, décrite comme « la plus importante » sur le terrorisme en Belgique, est liée à un groupe d’islamistes belges ayant suivi des entraînements ou participé à des combats dans la zone Afghanistan-Pakistan, en liaison avec des « personnes importantes » d’Al-Qaïda, selon le parquet fédéral.
Depuis fin 2007, quatre Belges ont, avec des ressortissants d’autres pays, rejoint au Pakistan et en Afghanistan un homme faisant office d’agent de liaison, identifié comme « M. G. ».
Deux de ces hommes étaient revenus en Belgique il y a quelques mois et placés sous surveillance. Le troisième, qui est celui suspecté d’être volontaire pour un attentat suicide, n’était rentré que le 4 décembre.
Tous les trois font partie des personnes interpellées jeudi, les autres étant suspectées de leur avoir « apporté un soutien logistique et matériel ».
L’enquête avait démarré fin 2007 à la suite d’informations relatives à un projet d’évasion à l’aide d’explosifs et d’armes fomenté par le Tunisien Nizar Trabelsi, condamné en Belgique à 10 ans de prison pour avoir préparé en septembre 2001, pour le compte d’Al-Qaïda, un attentat au camion piégé contre une base militaire belge hébergeant des soldats américains.
Ces informations s’étaient soldées par des perquisitions, le 21 décembres 2007, qui, selon M. Delmulle, ont « probablement permis d’éviter la mise à exécution d’un projet d’attentat à Bruxelles » à la fin de l’an dernier.
A l’époque, les enquêteurs étaient restés très discrets sur cette opération, à l’origine d’une hausse du niveau d’alerte en Belgique durant les fêtes de fin d’année.
Une femme interpellée jeudi, Malika El Aroud, joue un « rôle important » dans l’enquête sur Nizar Trabelsi et sur celle concernant le groupe s’étant rendu en Afghanistan et au Pakistan, a précisé M. Delmulle. Son premier mari était mort en assassinant en Afghanistan le chef de la lutte contre les talibans, le commandant Massoud, en 2001, tandis que son second mari est une figure centrale du groupe démantelé jeudi, a-t-il précisé.
(AFP et Belga)
