Mieux que le tram, un plan d’agglo

BODEUX,PHILIPPE

Page 10

Vendredi 12 décembre 2008

Politique Le plan urbain de mobilité (PUM) sort ses premières conclusions

Piloté par les échevins de l’aménagement du territoire, le PUM définit un vrai transport en commun structurant.

Qu’est-ce qu’un transport en commun structurant ? Un tram qui va de Herstal à Jemeppe comme le définit le ministre wallon de la mobilité ? Non, c’est beaucoup plus que cela », déclare Marie-Paule Lhoest, échevine de l’aménagement du territoire de Chaudfontaine (MR). Suite à la sortie d’André Antoine – 500 millions d’euros pour un tram à Liège et le report de la liaison CHB – , elle s’étonne du peu de (re)connaisance du ministre CDH pour le Plan urbain de mobilité qu’il est censé bien connaître puisqu’il le subsidie.

« Le PUM est un outil unique qui part des prospectives d’aménagement du territoire pour ensuite définir le meilleur mode de transport qui structure les différentes zones d’enjeux ». Dans ces premières conclusions, le PUM consacre la nécessité de la liaison CHB couplée à la réalisation d’un réseau global de transport en commun (lire ci-contre). « La décision d’André Antoine nie tous nos efforts de concertation au niveau de l’agglomération. »

Ce lundi, le groupe d’échevins et bourgmestres des 24 communes de l’agglomération liégeoise qui pilote le PUM a pris connaissance des travaux des experts. A savoir le bureau Transitec, la STIB, le bureau Pluris et Bruno Bianchet. Durant près d’un an, l’équipe pluridisciplinaire a réalisé une radioscopie de l’agglomération liégeoise avec un leitmotiv : identifier les actuelles et surtout futures zones d’activités – appelées zones d’enjeux – et structurer les déplacements de manière à optimaliser le transport en commun.

« C’est simple, explique Stéphane Moreau, bourgmestre FF d’Ans, et instigateur du PUM. Le bureau du plan prévoit que d’ici 20 ans, l’agglomération liégeoise verra la construction de 80.000 nouvelles habitations. Non seulement, nous ne pouvons pas continuer dans l’anarchie actuelle mais nous devons élaborer un plan de mobilité global qui anticipe les développements à venir. Pour implanter un tram à Liège, il ne suffit pas, comme l’a fait la SRWT (Société régionale wallonne de transport), de comptabiliser la fréquentation actuelle des bus et de voir où la mise en place d’un tram se justifie. Il faut prendre de la hauteur. »

L’originalité de la démarche réside dans la concertation des 24 communes, à l’instar de ce qui se passe dans les communautés urbaines françaises. Des ateliers ont été organisés par zone d’enjeux (le croisant d’or Liège-Ans-Bierset, la Basse-Meuse, l’arc sud...). « Chaque commune est invitée à spécialiser son développement, explique Stéphane Moreau. Cela implique des choix, voire des renoncements. Nous, à Ans, par exemple, nous n’autoriserons plus de centre commercial. Plus question de faire un peu de tout un peu partout. Ce ne sont pas les promoteurs qui doivent faire le développement urbain ».

Les enseignements : la zone Nord (Hauts-Sarts) est saturée au niveau trafic, il existe 800 hectares disponibles pour le développement économique en coeur d’agglomération, l’afflux de voitures dans le noyau urbain doit être endiguer par l’installation de parkings-relais en périphérie... « La fonction de centralité de la Ville de Liège sort renforcée par la mise en place d’un outil qui combine aménagement du territoire et transport », affirme l’échevin liégeois de l’Urbanisme Michel Firket (CDH) qui reconnaît que le ministre wallon « ne connaît pas la situation liégeoise dans le détail. Il ne dispose pas encore des outils lui permettant d’aller plus loin que la réalisation d’un seul tronçon entre Herstal et Jemeppe. »

Stéphane Moreau ajoute : « La décision du gouvernement wallon est très laconique. Elle prévoit simplement 500 millions d’euros pour un transport structurant à Liège. Si on regarde de plus près, à un coût d’environ 20 millions d’euros le kilomètres, il y a moyen de faire beaucoup plus que la ligne de la vallée ». La balle est à présent dans le camp du ministre Antoine et de la SRWT...

Tram, trolley, train léger, bus et... liaison CHB

Le Plan urbain de mobilité n’est pas achevé. Les 24 communes de l’agglomération doivent se mettre d’accord, dans le courant du mois de janvier, sur les zones de développement futures. Ce n’est qu’après cette étape que le réseau global de transport en commun structurant pourra être validé. Et que l’on commencera à parler de lignes de tram, de trolley, de bus ou de trains légers sur les voies de la SNCB. Car c’est le maître-mot du PUM : complémentarité des modes de transport.

« A Ans, il n’est pas possible d’avoir un tram qui monte la N3. ce serait donc plutôt un trolley qui pourrait même rejoindre la nouvelle zone d’Ans-Rocourt et la Citadelle, explique Stéphane Moreau (PS). Par contre, les experts proposent un tram passant par Burenville, Saint-Nicolas (la commune la plus dense de Wallonie), Glain (où va se développer le futur grand hôpital chrétien) et Ans.

Vers Seraing, deux branches (tram ou train léger sur voies SNCB) sont envisagées, l’une en rive droite, l’autre en rive gauche. Dans le centre-ville liégeois, il est question de faire une boucle d’où partent deux axes forts : l’un vers Fléron, l’autre vers Vaux-sous-Chèvremont en passant par Chênée. Tram, trolley ou bus ? Le choix est loin d’être arrêté. « Ce qui compte, c’est d’identifier des axes forts à haut potentiel de développement », explique Stéphane Moreau. Les lignes actuelles de la SNCB ne sont pas oubliées, de même qu’un important réseau secondaire dont les lignes (de bus) viennent se rabattre sur les axes structurants.

« Notre étude est la plus complète, elle doit être intégrée par la SRWT », insiste Michel Firket (CDH). Quant à Marie-Paule Lhoest (MR), elle ne manque pas de souligner la présence de la liaison CHB dans le PUM. « Financement, études, adjudications... Tout est prêt pour lanecr sa construction. Qu’attend le minsitre Antoine pour délivrer le permis ? Reporter sa réalisation, c’est un camouflet pour la région liégeoise ». « Le ring Nord est saturé, la liaison CHB est nécessaire pour répartir le trafic dans l’agglomération », ajoute Stéphane Moreau.

Pas de résultats.