Mariée, Geneviève Lhermitte s'est coupée de tous
n.c.
Lundi 15 décembre 2008
Les témoins de moralité ont éclairé la cour et les jurés sur certains détails de l'affaire, du fonctionnement de la famille. La journée de demain risque d'être décisive. Les psychiatres recommanderont-ils l'internement de Geneviève Lhermitte. Ils annonceront leurs conclusions demain à 11h30.
Les cinq enfants de Geneviève Lhermitte étaient très bien intégrés dans leurs classes respectives, avaient des résultats scolaires impeccables et ne présentaient aucun signe inquiétant, ont indiqué lundi leurs enseignants.
Appelés lundi après-midi à témoigner devant la cour d'assises, ces enseignants ont présenté Geneviève Lhermitte comme une mère attentive, qui ne leur avait jamais parlé de ses problèmes de dépression nerveuse. Ils ne connaissaient pas le père des enfants, ce qui, ont-ils précisé n'avait rien d'exceptionnel. A l'annonce du drame, survenu un mercredi après-midi, les enseignants ont été convoqués avec les services du PMS de Nivelles. Ils ont préparé les conseils de classe qui auraient lieu le lendemain dans toutes les classes, ont expliqué les directeurs d'école. Les élèves ont été informés le lendemain et ont été soutenus. Certains enfants étaient très inquiets, se demandant notamment si leur maman pourrait
également leur faire du mal. Les enseignants n'ont eu que des éloges pour les cinq enfants.
Yasmine, qui était en 3ème secondaire, a été décrite comme une fille "subtile, très exigeante vis-à-vis d'elle-même sans qu'il y ait d'exigence de la part
de ses parents".
Nora, "locomotive dans sa classe" de 6ème primaire et Mina, alors en 2ème primaire, ont été décrites par leurs enseignants comme de bonnes
élèves, un peu réservées mais tout à fait intégrées dans leur classe. Très appréciée, Myriam, alors en 4ème primaire, était "discrète, d'humeur égale,
polie".
Aucune n'a jamais fait état à l'école d'éventuels problèmes familiaux, ont témoigné les enseignants.
Ils n'ont aucun reproche à formuler envers Geneviève Lhermitte, "présente, attentionnée, sans être étouffante", "qui s'impliquait dans la vie de l'école,
même pour les enfants des autres".
Aucun des enseignants n'a décelé la dépression nerveuse de Geneviève Lhermitte et personne ne savait qu'elle était suivie depuis deux ans par un
psychiatre. Seule la directrice du Collège Saints Michel et Thérèse a fait état d'un visage "assez neutre qui penchait plutôt vers la tristesse que vers la
gaieté".
Le corps enseignant est unanime pour dire que, ni Geneviève Lhermitte, ni ses enfants ne parlaient de ce qui se passait dans la famille. "Jamais les
enfants ne nous ont transmis de sentiment de tristesse ou de chagrin envers leur famille et pourtant les enfants en général se confient facilement", a
souligné la directrice.
Nouveau rapport psychiatrique
La cour d'assises entendra les derniers témoins de moralité mardi matin avant de prendre connaissance et de débattre, à 11H30, du rapport des trois
experts psychiatres qui ont réexaminé Geneviève Lhermitte au cours du week-end.
Ce nouvel examen avait été ordonné par le président de la cour d'assises après que le psychiatre traitant de Geneviève Lhermite eut divulgué, jeudi
devant la cour, la lettre d'appel à l'aide que l'accusée lui avait envoyée un jour avant d'égorger ses enfants. Elle y confiait ses idées suicidaires qui
pourraient l'entraîner dans la mort avec ses enfants. L'avis des trois experts psychiatres, qui avaient estimé, en cours d'instruction, qu'au moment des
faits, Geneviève Lhermitte "était dans un état anxio-dépressif sévère qui a favorisé le passage à l'acte et a altéré profondément - mais non aboli - son
discernement", pourrait être déterminant pour décider d'un éventuel internement de Geneviève Lhermitte en fin de procès.
Ce nouveau rapport sera discuté mardi après-midi avant les plaidoiries des parties civiles (mercredi), le réquisitoire (jeudi matin) et les plaidoiries de
la défense (jeudi après-midi).
Le jury devrait partir en délibération vendredi matin avant - en cas de culpabilité - un second débat sur la peine éventuellement vendredi après-midi,
mais plus vraisemblablement lundi, a précisé mardi en fin d'audience le président de la cour d'assises.
Belga
