Entre 1,9 et 2,2 millions pour le patron de Belgacom
DE BOECK,PHILIPPE
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Mercredi 17 décembre 2008
Entreprises publiques Modération salariale ténue pour Bellens
Celle-ci est toute relative puisque l’administrateur délégué de l’entreprise (semi-)publique gagnera tout de même entre 1,9 et 2,2 millions d’euros brut par an… en fonction des résultats obtenus. C’est certes moins que les 2,7 millions de 2007 (hors options), mais ce n’est pas tout à fait la modération salariale souhaitée par le gouvernement juste avant le début de la crise financière. La ministre de tutelle Inge Vervotte (CD&V) parlait alors d’une baisse de 25 à 30 %.
En commission de l’Infrastructure de la Chambre, lundi, la ministre a dévoilé les montants exacts des futurs émoluments de l’administrateur délégué de Belgacom. Si Didier Bellens atteint les objectifs fixés par le gouvernement, il engrangera un montant total brut de 1.917.778 euros. Exprimé en pourcentage, on arrive juste sous le seuil des 30 %. Mais s’il fait mieux, il empochera un bonus pouvant grimper jusqu’à 105 % de son salaire de base annuel soit 813.700 euros. Dans ce cas de figure, le patron de Belgacom gagnera un montant total brut de 2.188.978 euros, soit 21 % de moins qu’en 2007.
« C’est une modération salariale très relative par rapport aux engagements du gouvernement et aux salaires des patrons d’autres entreprises publiques, estime le député Ecolo Georges Gilkinet qui a interpellé la ministre Vervotte sur le sujet. On parle d’objectifs à atteindre, mais ceux-ci ne sont même pas précisés. »
Dans sa réponse, la ministre admet que différents facteurs ont pesé dans la balance pour fixer le salaire de Didier Bellens : comparaisons avec d’autres opérateurs téléphoniques de taille identique, avec des sociétés cotées en Bourse et avec d’autres entreprises publiques. La ministre ajoute aussi que le « mix » des différents paramètres a été validé par deux bureaux de consultance. « Il y a eu une diminution parce que Belgacom n’est pas tellement active au niveau international. Nous avons aussi dû tenir compte du fait que si monsieur Bellens ne voulait pas continuer à nos conditions, nous aurions dû trouver quelqu’un d’autre qui accepte ces mêmes conditions », a encore précisé Inge Vervotte.
D’après l’ex-secrétaire d’Etat aux Entreprises publiques Bruno Tuybens (SP.A) qui interpellait également la ministre en commission, il semble évident que le facteur « entreprise publique » a très peu pesé dans la balance.
Quant aux conditions de sortie du nouveau contrat du patron de Belgacom, celles-ci varient entre rien (si l’employeur prévient six mois avant la fin du terme de six ans) et un an de salaire (s’il est licencié avant terme). C’est un peu moins que précédemment puisque l’ancien « parachute doré » de Didier Bellens s’élevait à 18 mois d’un salaire plus élevé lui aussi.
