Qu’en disent les journaux néerlandophones ?
n.c.
Samedi 20 décembre 2008
Les éditorialistes politiques des journaux néerlandophones pensent que la démission du gouvernement était inévitable.
Les avis divergent en revanche sur la suite concrète à y donner, mais tous les commentateurs soulignent les grands défis qui vont devoir être réglés rapidement et plaident pour des élections en juin.
De Morgen titre "la faillite de Leterme", alors que Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen indiquent respectivement "Vandeurzen débranche Leterme Ier" et "Leterminus".
De Tijd titre "la cour de cassation force Leterme à la démission".
"C'est fini", selon Het Nieuwsblad, "Albert cherche un Premier ministre", pour De Standaard et "Leterme veut tout simplement continuer", pour Het Laatste Nieuws.
"C'est la fin d'un gouvernement à oublier au plus vite", indique Yves Desmet dans De Morgen. "C'est la fin d'Yves Leterme, qui a emporté même ses amis dans sa chute. L'homme des plus grandes promesses, dont aucune n'a été réalisée. Ou plus grave: des promesses qu'ils savaient -avant les élections- qu'il ne pourrait pas réaliser".
Yves Desmet met en garde: "Si le plus mauvais des gouvernements d'après-guerre peut s'en aller, les problèmes demeurent". L'ancien premier ministre, Jean-Luc Dehaene pourrait être une "solution adaptée".
Luc Van der Kelen (Het Laatste Nieuws) pointe la perte de confiance dans les institutions. Pour la restaurer, le pays a besoin selon lui d'un premier ministre qui bénéficie de "respect dans de larges cercles". "Ce qui est difficile pour Yves Leterme". Les défis, comme le dossier Fortis et le budget, sont trop importants pour organiser des élections ou pour un gouvernement en affaires courants.
Eric Donckier (Het Belang van Limburg) souligne le rôle-clé de la démission du ministre de la Justice Jo Vandeurzen. Sa démission a selon l'éditorialiste, joué le rôle d'une onde de choc au sein du parti du premier ministre, mais également de la majorité, du gouvernement, du parlement tout entier. Elle a été le déclencheur d'un jeu de dominos. Il qualifie la démission de M. Vandeurzen d'"appropriée" et de "scandaleuse" notamment car il est vu comme un homme professionnel, neutre ou encore intègre.
Paul Geudens (Gazet van Antwerpen) qualifie la situation de "très grave mais pas désespérée". Il constate que la chute du gouvernement ne pouvait pas tomber à un plus mauvais moment mais qu'il faut former rapidement un cabinet de transition jusqu'en juin. Il ne faut pas, selon lui, verser dans le défaitisme car ce pays a déjà surmonté plusieurs graves crises.
Peter De Backer (Het Nieuwsblad) souligne aussi que la chute intervient au plus mauvais moment et plaide de même pour la mise en place rapide d'un gouvernement de transition.
Guy Tegenbos (De Standaard) indique que la crise durera aussi longtemps que le jeu destructif continuera et aussi longtemps que les partis n'adopteront pas une ligne claire.
(Belga)
