Herman Van Rompuy promet un accord gouvernemental pour ce mardi

n.c.

Lundi 29 décembre 2008

De la courte déclaration qu'a faite M. Van Rompuy devant la presse, il est essentiellement ressorti que l'accord auquel a abouti vendredi l'explorateur Wilfried Martens était confirmé: la coalition actuelle est maintenue, de même que la déclaration gouvernementale du gouvernement démissionnaire et son plan de relance. Mardi, les travaux reprendront à 11 heures et devraient déboucher sur la finalisation d'un accord, a ajouté le formateur.

Au début de la journée, M. Van Rompuy avait eu des entretiens séparés avec les différents présidents avant que ceux-ci ne se retrouvent tous ensemble au cours d’un déjeuner.

En arrivant à la présidence de la Chambre, les partis francophones ainsi que l’Open VLD ont insisté sur la nécessité de former un gouvernement rapidement. Le CD&V veut de son côté convenir d’abord d’un certain nombre de choses.

Selon le président du MR, Didier Reynders, l’opération peut aller vite dès lors que le cadre fixé vendredi entre l’explorateur Wilfried Martens et les présidents de la majorité est respecté. À l’instar de son collègue de l’Open VLD, Bart Somers, il estime qu’il faudrait désigner le nouveau gouvernement avant la fin de la semaine.

Le politologue Vincent de Coorebyter, président du CRISP (Centre de recherche et d’information sociopolitiques), a souligné ce lundi midi au JT de la RTBF qu’il était encore possible d’avoir un nouveau gouvernement au 1er janvier, mais que les problèmes ne vont pas manquer. Il n’y aurait toutefois pas d’autre alternative que Herman Van Rompuy comme Premier ministre, selon lui.

La présidente du CDH, Joëlle Milquet, souhaite aussi aller vite. Interrogée sur la Commission d’enquête parlementaire qui doit être mise en place à propos de la crise bancaire, Mme Milquet s’est contentée de répondre qu’il s’agissait d’un point relevant du parlement.

La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, veut quant à elle qu’un certain nombre d’arrangements soient pris. Concernant la Commission d’enquête, il faut ainsi que les « gens qui ont pris congé » (MM. Leterme et Vandeurzen) puissent se défendre. « Cela ne peut pas devenir un tribunal des partis politiques », a-t-elle souligné. Elle visait également les thèmes socio-économiques et le dialogue institutionnel.

La méfiance règne, selon les socialistes flamands

Le formateur Herman Van Rompuy est capable de faire travailler les gens ensemble, plus que le premier ministre démissionnaire Yves Leterme, mais la majorité actuelle reste une équipe au sein de laquelle la méfiance est gigantesque, a indiqué lundi la présidente du SP.A Caroline Gennez.

La meilleure solution, aux yeux des socialistes flamands, reste des élections couplées en juin prochain. Ce scrutin multiple (régional, fédéral, européen) pourrait permettre de marquer la « césure » après un an et demi de « cafouillage », relève Caroline Gennez.

« La situation ne peut être pire que sous Leterme », relativise-t-elle, disant ne plus s’étonner de rien après dix-huit mois. La présidente des socialistes flamands se dit curieuse de l’attitude qu’adoptera dans les prochaines semaines le nouveau gouvernement – « s’il est mis sur pied » – dans plusieurs dossiers importants.

Elle s’interroge par ailleurs sur l’apport réel de la commission parlementaire d’enquête au dossier de la crise bancaire. « Mènera-t-elle un travail sérieux ou ne fera-t-elle que brouiller les pistes », se demande Mme Gennez. Concernant le budget, la présidente du SP.A relève que Herman Van Rompuy a l’image d’une personne « qui sait serrer les cordons de la bourse ». « C’est qu’il faudra mener pas mal de travaux de réparation », note-t-elle.

Pour leur part, les écologistes flamands de Groen ont souhaité lundi beaucoup de succès au formateur de gouvernement Herman Van Rompuy, l’avertissant qu’au cas où il accéderait au poste de premier ministre, il hériterait d’un cadeau empoisonné de la part de son prédécesseur Yves Leterme.

Le premier trimestre de 2009 sera crucial, juge Mieke Vogels, présidente de Groen. « Si Van Rompuy ne parvient pas à restaurer la confiance au sein de la majorité et que le gouvernement continue de bâcler le travail, il faudra des élections couplées en juin », indique-t-elle.

L’opposition nationaliste flamande acerbe

La Lijst Dedecker, la N-VA et le Vlaams Belang ont fustigé lundi l’évolution de la situation politique du week-end. Pour la Lijst Dedecker (LDD), le formateur Herman Van Rompuy ne parviendra pas à mettre sur pied un gouvernement fédéral crédible. Placer Herman Van Rompuy au 16 rue de la Loi revient à « couler du plomb sur du fer rouillé », a indiqué Jean-Marie Dedecker, ajoutant que le gouvernement a prouvé ces derniers mois qu’il ne parvenait pas à résoudre les problèmes du pays. « La seule chose qui soude ce gouvernement de centre-gauche, c’est l’angoisse de se retrouver face à l’électeur », résume-t-il.

Jean-Marie Dedecker estime par ailleurs que les différends entre Flamands et Francophones et entre gauche et droite au sein du gouvernement conduiront nécessairement à une dissolution des Chambres et un scrutin fédéral couplé au régional le 7 juin prochain.

Les événements de ces dernières semaines sont à ses yeux « honteux pour le CD&V » qui, dit-il, a brûlé ses « poids lourds », réduit à néant sa victoire électorale de 2007, mangé ses promesses faites à l’électeur flamand et détruit son ancien partenaire de cartel, la N-VA.

La Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), précisément, a protesté pour sa part contre l’absence d’une majorité flamande au Parlement pour soutenir le gouvernement que le formateur Herman Van Rompuy est appelé à mettre sur pied.

« Sous le gouvernement Leterme I, on pouvait encore parler d’un accident de parcours, vu que la N-VA avait quitté la coalition. Mais aujourd’hui, les deux partis (flamands de la coalition, le CD&V et l’Open VLD, NDLR) ont choisi sciemment cette option », a déploré le président de la N-VA, Bart De Wever.

Qualifiant cette absence de majorité flamande de « véritable scandale » et de « creux de la vague historique pour la Flandre », il juge par ailleurs que ce futur gouvernement ne parviendra pas à remettre de l’ordre dans les affaires institutionnelles ni dans les finances.

(d’après belga)

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