Taizé : « Allier foi et solidarité humaine »
DORZEE,HUGUES
Samedi 3 janvier 2009
Religion La 31e Rencontre européenne de Taizé s’est achevée ce vendredi
Pendant une semaine, 40.000 jeunes pèlerins ont investi Bruxelles. Entre recueillement et débats sur l’état du monde.
ENTRETIEN
Plus de 40.000 jeunes venus de toute l’Europe, 180 lieux d’accueil et de débat répartis dans toute la capitale, un palais Brussels Expo vibrant au son des prières communes… Après cinq jours de pèlerinage « pour bâtir l’Europe de la confiance », la 31e Rencontre européenne de jeunes animée par Taizé a pris fin ce vendredi, à Bruxelles. Bilan avec Frère Emile, porte-parole de l’événement.
Quels ont été les grands moments de cette édition ?
Tout d’abord la générosité et la gratitude des accueillants. Plus de 98 % des jeunes ont été pris en charge dans des familles. C’est formidable et plutôt rare. Mais au-delà de ça, il s’est clairement passé quelque chose à Bruxelles. Lors du départ des bus, on s’échangeait des petits cadeaux, des adresses e-mails, des promesses de retrouvailles. Il y avait beaucoup de chaleur et d’émotion. Sur le plan pratique, ce fut aussi, je crois, une réussite. Déplacer 40.000 jeunes du Heysel vers la ville, gérer au mieux les transports en commun, ça n’était pas gagné d’avance. Nous y sommes arrivés sans trop de soucis.
Par-delà la fête, les jeunes ont-ils été actifs dans les ateliers de réflexion ?
Très fort. Il fallait les voir débattre, s’interroger, questionner les intervenants lors des carrefours sur l’économie solidaire, l’immigration, l’évangile, etc. Des jeunes en manque de valeurs concrètes et d’une Europe plus ouverte. Avec une conviction très ferme que l’on peut à la fois lier sa vie intérieure et la solidarité humaine. Dans nos sociétés occidentales parfois un peu défaitistes où les défis (sociaux, économiques, écologiques…) paraissent tellement grands, il y avait chez ces jeunes une volonté réelle d’élargir le champ du possible. On sent des jeunes enthousiastes, investis, prêts à combattre la lassitude ambiante. Ils ont entendu le message de Fère Alois (le prieur de Taizé) disant, en substance, “le peu que nous pouvons faire, nous devons le faire“.
Une fois cette grand-messe très intense passée, ces jeunes vont reprendre le cours de leur vie. Ne craignez-vous pas que leurs bonnes intentions ne retombent aussitôt ?
C’est tout le défi. Ne pas se contenter de belles promesses et du simple idéal partagé pendant quelques jours. Ne pas rester seul avec ses doutes et ses questionnements. S’investir au mieux dans sa communauté ou dans l’action commune. Nous sommes très soucieux de ce qui se passe après les rencontres. Ainsi, dès le 5 janvier, nous dresserons un état des lieux de la Rencontre avec les 180 paroisses, les unités pastorales, les familles. Et le 18 janvier, à la cathédrale Saint-Michel, nous ferons une grand-messe de remerciement. Et puis nous repartirons vers d’autres projets. A Taizé, chaque semaine, jusqu’en novembre. A Poznan, en Pologne, en décembre, pour une nouvelle rencontre européenne. Et puis en février 2010, à Manille, aux Philippines.