La brasserie de Bastogne est née

BODEUX,JEAN-LUC

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Lundi 5 janvier 2009

Vaux-sur-Sûre La Trouffette enfin dans ses cuves

Un ingénieur et un agriculteur ouvrent une nouvelle brasserie, à Belleau. Et de treize en Luxembourg.

Une naissance mousseuse, juste après Noël ! Voilà une nouvelle brasserie luxembourgeoise, à Belleau, un hameau de cinq maisons situé entre Vaux-sur-Sûre et Sibret. La bière est par contre déjà connue depuis une petite année dans la région de Bastogne. La Trouffette a en effet été lancée début 2008, néanmoins elle n’était pas brassée à Belleau, mais à Rulles.

Le premier brassin de Belleau est né le 28 décembre. Pour ce faire, Philippe Minne, le brasseur, a pu compter sur les conseils de Gregory Verhelst, son homologue de Rulles qui lui a revendu tout le matériel de son ancienne brasserie, devenue trop petite au fil des ans. « Le parcours administratif a été plus long et tortueux que prévu », explique Philippe Minne, associé à Philippe Meurisse, l’homme du cru. Mais aujourd’hui, ils disposent d’un bel outil, dans un hangar tout neuf et spacieux, qui doit encore subir quelques aménagements.

Ingénieur civil de profession, en région liégeoise, Philippe Minne brasse pour son plaisir depuis une dizaine d’années. Au fil des brassins réalisés dans de grosses casseroles, il a acquis de l’expérience et a pu mettre au point une bière qui lui convenait. Mais on était encore loin de la création d’une véritable brasserie. Philippe Meurisse, rencontré via un ami commun, a été le détonateur. Agriculteur à Belleau, il souhaitait trouver une diversification. Amateur de bières, le duo s’est lancé dans l’aventure pour finalement construire un bâtiment. Après des mois de travaux, notamment pour réaliser un lagunage destiné à épurer les eaux usées – la brasserie jouxte une zone Natura 2000 –, la brasserie est enfin fonctionnelle. Bien que située dans la commune de Vaux-sur-Sûre, ils l’ont baptisée « Brasserie de Bastogne ». Pour une identité plus porteuse. Et puis, la bière s’appelle « Trouffette », du nom d’un personnage (le Troufet) connu dans le folklore carnavalesque bastognard. Sur l’étiquette, on le voit chevauchant un sanglier, portant au cou un tonneau…

Désormais, la Trouffette va devoir se faire connaître hors des frontières locales. L’objectif est de rendre l’activité rentable, pour l’agriculteur-brasseur. Les brassins de dix hectolitres vont donc se succéder. La Trouffette, une ambrée de 6,3 % d’alcool, est brassée avec trois sortes de malt et de houblon. Après une semaine de fermentation, deux de garde et trois de refermentation en chambre chaude, elle peut quitter la maison.

« On voulait une bière de caractère, mais pas trop forte, commente le duo. Elle est livrée en grandes bouteilles et en fûts. Nous allons en priorité la faire connaître, mais nous avons déjà en projet de brasser une brune. On avait même prévu de faire une “Noël”, mais ce sera pour 2009. On a été pris par le temps. »

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