les funestes conséquences de la guerre de gaza
LOOS,BAUDOUIN
Page 16
Mardi 6 janvier 2009
L’auteur Jonathan Geffen, neveu de Moshe Dayan, écrivait ceci dans le Maariv dimanche : « Certes, l’Etat a le devoir de protéger ses citoyens. Mais cette guerre insensée n’éliminera jamais le Hamas. Au contraire, elle rendra la population de Gaza davantage sensible aux extrémistes. Une fois de plus, nous faisons la seule chose que nous semblons savoir faire : un massacre de masse qui finit toujours par être perçu comme une sorte de génocide (pardonnez-moi l’expression), une opération de destruction et de dévastation qui ne nous amène jamais en retour que davantage de dévastation et de destruction ».
Comme un engrenage infernal. Les images que les chaînes arabes satellitaires transmettent depuis la bande de Gaza, celles de corps mutilés, d’enfants martyrisés, d’hôpitaux débordés, laisseront des traces profondes dans les esprits. La colère et l’indignation sont mauvaises conseillères.
Uri Avnery, ce vétéran israélien de la cause de la paix, laissait poindre samedi un pessimisme inhabituel : « Cela aura des conséquences historiques. Toute une génération de dirigeants arabes, une génération imprégnée de l’idéologie du nationalisme arabe laïque, les successeurs de Gamal Abd-al-Nasser, Hafez al-Assad et Yasser Arafat, pourrait être balayée de la scène. Dans le monde arabe, la seule alternative viable est celle de l’idéologie fondamentaliste islamique. Cette guerre l’écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille ».
Un avertissement très sérieux.
