20 jours pour la retrouver

n.c.

Mercredi 7 janvier 2009

Entre buzz, teasing et marketing viral, Kevin Polof recherche une inconnue rencontrée dans un train Bruxelles-Liège. Seul indice pour la retrouver : une écharpe rose. Du coup, l’étoffe fleurit un peu partout dans les rues de la capitale. L’amoureux s’est donné jusqu’au 24 janvier pour arriver à ses fins. Le reste n’est qu’une histoire de pub.

Son nom est Kevin Polof. Interrogé sur l’utilité de placer sur le mobilier urbain bruxellois des centaines d’écharpes roses identiques et des affiches à l’effigie d’un visage d’une jeune femme, il répond : « Tout a commencé le 22 décembre. J’ai rencontré cette fille dans le train Bruxelles-Liège de 10h41. Elle m’a cloué sur place, pas pu parler ni bouger, juste le temps de la dessiner pour imprimer son visage sur papier. Elle a oublié son écharpe sur son siège en partant, j’ai pris ça comme un signe du destin et je me suis donné jusqu’au 24 janvier pour la retrouver… ».

Voilà pour l’histoire, la romance. La réalité est tout autre. En fait, pas tant. Juste entre le buzz, le teasing et le marketing viral.

Le buzz. Des écharpes roses, toutes identiques, qui fleurissent autour du coup de statues, qui garnissent du mobilier urbain, des affiches à l’image d’une jeune femme, toujours la même, sur les murs de la capitale, c’est sûr, on en parle. Et le bouche-à-oreille de questionner : à qui appartient cette écharpe, qui est cette mystérieuse jeune femme et qui se cache derrière Kevin Polof au nom sorti tout droit d’un roman policier à la Stieg Larson ? Et la rumeur d’essayer de répondre, de se répandre sur la ville.

Le teasing. Parce qu’après les écharpes, les affiches, il y aura des roses déposées dans les arbres de l’avenue de l’Université à Ixelles, une écharpe géante déployée dans un parking du quartier Dansaert et d’autres actions qui, à chaque fois, en diront un peu plus sur la mystérieuse quête et son sens caché. Avec, comme date fatidique, le 24 janvier.

Le marketing viral. Parce que pour en savoir toujours un peu plus sur l’amoureux, la belle inconnue, les écharpes et les roses, il s’agit de rallier une communauté, celle de Kevin Polof, via deux blogs qui ne connaissent pas de soucis communautaires, www.20jours.be ou www.20dagen.be, sur Facebook, à Kevin Polof évidemment, sans oublier Youtube avec toujours Kevin Polof en mot-clef.

Et la boucle est bouclée, le message progressivement distillé, le futur consommateur conditionné.

Au fait, on sait ce qui se cache derrière tout ça. Mais on ne dira rien, parce qu’on l’a promis. On dira juste que via la liste d’amis Facebook de Kevin, certains noms appartiennent à la haute sphère publicitaire. On vous dira aussi que l’anagramme de Kevin Polof peut révéler bien des senteurs et que les effluves de sa croisade rose embaumeront plus d’une belle après le 24.

Reste une jolie histoire. Même si ce n’est que de la pub. Mais peu importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’ivresse.

Pas de résultats.