Finish pour le circuit moto

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Jeudi 8 janvier 2009

Dour/Hensies Le ministre Antoine (CDH) veut un site alternatif

Le technopôle de la moto ne verra pas le jour à Elouges. La vive opposition locale a eu raison du projet.

Les promoteurs du technopôle de la moto qui devait voir le jour sur le site du Plat Pied, entre Elouges (Dour) et Thulin (Hensies), viennent de recevoir un courrier du cabinet Antoine (CDH), en charge du Développement territorial. La missive leur annonce qu’« il a été convenu entre les cabinets Antoine et Demotte (PS) d’organiser un groupe de travail pour trouver un site alternatif pour l’implantation d’un circuit moto ».

Autrement dit, c’est cuit pour l’implantation élougeoise qu’ils convoitaient depuis cinq ans et qui réunissait selon eux toutes les qualités : superficie libre d’un seul tenant et accès autoroutier proche. Mais pour Alessandro Bevilcaqua, l’administrateur délégué de la société Red 6, porteuse du projet, ce n’est finalement qu’une demi-surprise tant l’ampleur de l’opposition des habitants de Dour et de Hensies fut vive dès le début. Pour un peu, il s’en serait déjà fait une raison. « Nous avions pris conscience du problème. Ce qui nous console un peu, c’est que le projet est consistant. Sinon, le gouvernement wallon ne serait pas allé jusqu’à la révision du plan de secteur. Mais si c’était à refaire, c’est clair que nous communiquerions autrement dès le début. » L’espoir de Red 6 repose désormais sur un hypothétique site alternatif, situé si possible dans un rayon de 70 kilomètres au maximum autour du site d’Elouges. « Pour ne pas tomber sous la concurrence d’infrastructure comparable », explique M. Bevilacqua.

Implantation inappropriée

Localement, et même si le cabinet Demotte (PS) estime prématurée l’annonce de l’abandon définitif de l’option élougeoise (le dossier n’a pas encore été discuté en intercabinet ; il s’agirait de l’option unique défendue par le ministre Antoine, NDLR), le soulagement prévaut largement. « Il s’agit d’une bonne nouvelle, commentait Eric Thiébaut (PS), député-bourgmestre de Hensies. Ce projet n’était pas dans l’air du temps ni idéalement localisé. C’est le fruit d’un long combat mené par les communes et d’une forte mobilisation citoyenne. »

Le jeune maïeur espère comme son voisin dourois que la révision du plan de secteur sollicitée pour le permis puisse servir à préparer l’arrivée de petites PME à la place des motos. « Le gouvernement wallon est face à deux options, juge Carlo Di Antonio (CDH). Soit, il maintient la modification de secteur sollicitée. Soit il l’abandonne purement et simplement. Nous préférerions la première option mais il existe un risque juridique apparemment dans la mesure où l’étude d’incidence a été réalisée dans l’unique perspective de la venue d’un circuit moto et pas d’autre chose. »

Les plus heureux sont les membres du comité d’opposition. « Tout le monde a jeté sa casquette en l’air, raconte Mylène Journé, l’une des chevilles ouvrières. Nous nous réunirons mardi pour décider d’une action symbolique de remerciement à la population qui nous a bien soutenus tout au long de ce combat. »

RÉTROACTES

17 avril 2004. Elio Di Rupo, alors président de l’Idea, prend tout le monde de vitesse en évoquant pour la première fois un projet de circuit moto à Dour.

20 octobre 2004. Le conseil d’administration de l’Idea décide à l’unanimité d’introduire une demande de modification du plan de secteur.

Décembre 2004. Le promoteur Nicolas Bevilacqua évoque le projet et espère les premiers coups de pioche pour 2007, voire fin 2006.

Janvier 2005. Le gouvernement wallon adopte l’avant-projet de décret modifiant le plan de secteur. Dans l’arrêté qui paraît au Moniteur en février, il est question de 300 emplois.

Septembre 2005. La mobilisation riveraine prend la forme officielle d’une ASBL.

Mars 2006. Le ministre Antoine (CDH) est capable de désigner le bureau d’étude chargé de réaliser l’étude d’incidence.

Février 2007. Lors de la présentation du festival de la moto, M. Bevilacqua annonce la création d’un centre de formation des mécaniciens et le lancement d’un prototype de moto wallonne en plus du circuit.

Fin mars 2007. L’étude d’incidence révèle des impacts importants notamment en matière de pollutions sonores. Elle préconise l’érection de merlons de terre de 10 mètres de haut pour protéger les habitations.

Mi-janvier 2008. Le comité d’opposition a glané 4.500 signatures d’opposition au technopôle de la moto (3.400 sur papier et 1.100 sur Internet). Catherine Fonck, ministre de la Santé CDH, demande l’arrêt du projet.

Février 2008. La Febiac (fédération de l’automobile) affiche son total soutien au circuit. Donfut, ministre régional PS, suggère un moratoire vu le peu de certitudes quant aux retombées économiques. Di Antonio, bourgmestre CDH de Dour, refuse.

Décembre 2008. Les deux communes concernées écrivent au gouvernement wallon afin qu’il gèle les terrains pour de « vrais » investisseurs.

Pas de résultats.