Gaza : heurts en fin de manifestation à Bruxelles
n.c.
Dimanche 11 janvier 2009
Trente mille manifestants, selon la police, 60.000 selon les organisateurs : il y avait du monde ce dimanche dans les rues de Bruxelles pour dénoncer la situation dans la bande de Gaza. Des incidents ont eu lieu en fin de parcours. La police est intervenue. Richard Miller (MR) a reçu un pavé dans le visage.
« Nous sommes tous Palestiniens », « Gaza, la nouvelle Shoah », pouvait-on lire parmi les slogans sur les pancartes, ou encore « Stop aux massacres à Gaza », « Israël assassins ! », et « Union européenne : votre silence est complice ». Les manifestants – au nombre de 30.000 selon la police, 50 à 60.000 selon les organisateurs – ont commencé à défiler dans le calme, vers 15h00, les forces de police, déployées en nombre, restant à distance.
Mais en fin de parcours, au moment où la manifestation commençait à se disloquer dans le quartier nord, la tension est montée d’un cran. Des groupes de jeunes gens s’en sont d’abord pris à un abribus dans le quartier de la gare du Nord de Bruxelles, ont brisé les vitres de plusieurs voitures et retourné un véhicule sur la chaussée. La police s’est alors déployée avec un canon à eau pour disperser la foule. Des petits groupes ont lancé des projectiles, cassé des vitrines et retourné plusieurs voitures. Les autopompes de la police sont entrées en action. La police de la zone de Bruxelles-Ixelles a procédé plusieurs dizaines d’arrestations administratives et quelques judiciaires à la suite de la manifestation pro-palestinienne qui s’est tenue dimanche après-midi à Bruxelles. Trois personnes ont été arrêtées judiciairement.
Une première fois dispersés, la centaine de perturbateurs, pour la plupart des adolescents, s’est regroupée un peu plus loin, brisant de nouvelles vitrines sur une artère du centre-ville, le boulevard Baudouin. Des bâtiments administratifs de la Communauté flamande ont également été visés. La police a alors chargé à cheval pour disperser les casseurs.
En début de soirée, une auto-pompe restait prête à intervenir tandis qu’un hélicoptère de la police continuait à survoler la capitale belge.
Les organisateurs du rassemblement ont déploré ces incidents. L’ancien sénateur socialiste Pierre Galand dénonce le « comportement prédateur » de certains jeunes casseurs, « de petits voyous » âgés « de 14 à 16 ans », selon lui – qui ont attendu la dislocation de la manifestation pour se livrer à des déprédations.
Paul Galand regrette également que la police « tire les chiffres » de la participation vers le bas. Selon les organisateurs, dont il fait partie, de « 50 à 60.000 personnes » ont défilé dans les rues de Bruxelles ce dimanche. La police parle de 30.000 personnes.
Outre les associations et syndicats, trois grands partis politiques francophones de Belgique, les socialistes, les centristes et les écologistes, soutiennent cette manifestation. Richard Miller, du MR, était également présent. Il a été victime d’un jet de pavé, selon le témoignage de notre photographe sur place. Il avait le visage en sang. « Tout s’est bien passé pendant la manifestation mais tout à coup, il y a eu des incidents lors de la dislocation du cortège devant la gare du nord », a expliqué M. Miller. « C’est alors que j’ai été touché à la tête par un pavé. J’étais sonné et je me suis retrouvé ensanglanté », a-t-il précisé alors qu’il attendait, dans un combi de la police, l’arrivée d’une ambulance pour être évacué. Il participait à la manifestation à la demande du président de son parti Didier Reynders pour y représenter le MR, a-t-il encore ajouté.
Les protestataires se sont rassemblés devant la gare du Midi, et devaient traverser le centre-ville, à l’appel de dizaines de partis, syndicats et associations, qui attendaient au total 10.000 à 15.000 personnes.
Le défilé avait quitté les environs de la gare du Midi vers 15h00 et rejoindre, via les boulevards du Midi, Lemonnier, Anspach et Jacqmain, en fin de parcours le boulevard Albert II, à proximité de la gare du Nord où un podium a été installé.
Un important service de maintien d’ordre mis en place par les organisateurs de la manifestation a précédé le cortège. En tête de celui-ci, une centaine d’enfants portant des poupées ensanglantées coiffées du keffieh ont été placés devant des drapeaux palestiniens. Un portrait du chef du parti chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, était également bien en vue.
(avec Belga et AFP)
