Les « madeleines » d’Apolline Elter
BODART,CORINNE
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Lundi 12 janvier 2009
Publication Une fourchette tendue à 27 écrivains
Un ton et une fantaisie qui nous font sourire en essayant de l’imaginer entourée de ses cinq enfants (de 7 à 15 ans).
À l’heure actuelle, elle a plus d’enfants que de livres à son actif. Mais cela ne devrait pas durer à l’entendre expliquer toutes les idées qu’elle a déjà.
Vous l’aurez compris, cette licenciée en philologie romane, Bruxelloise d’origine, a de l’énergie à revendre. Depuis les hauteurs de la citadelle où elle vit, elle rédige un blog (editionsde lermitage.skynetblogs.be), des critiques littéraires pour Lire est un plaisir, organise des dîners thématiques pour l’Événement quand ce ne sont pas des dîners littéraires avec Nicky Depasse.
Les livres ? Elle les dévore. S’en délecte. Pour sortir des métaphores culinaires, elle les aime. Sincèrement. La littérature belge en particulier. C’est d’ailleurs pour la mettre en valeur qu’elle a eu l’idée de son dernier ouvrage.
Quelle idée ? Inviter des auteurs autour d’une « grande tablée virtuelle » pour évoquer leurs recettes d’enfance, leurs madeleines proustiennes. « J’ai contacté une centaine d’écrivains et au final, vingt-sept ont accepté de jouer le jeu », explique-t-elle.
« Lorsque les premiers textes sont arrivés, certains auteurs n’avaient pas envoyé de recettes mais des textes de grande qualité littéraire comme celui de Hubert Nyssen – où il évoque son aversion du chou-fleur ».
Du coup, pour élargir le propos et le nourrir, Apolline Elter est partie acheter un maximum de livres (une centaine) de ses « convives » pour agrémenter leurs biographies – non exhaustives - d’extraits d’ouvrages « à infuser avec le même plaisir que ces “madeleines” ».
C’est vrai qu’il est agréable de découvrir ce qu’évoque l’osso-buco à Thierry Bellefroid, de tenter le pain d’épice de Mamouchka (Éva Kavian) ou de sourire à l’évocation du trio toujours gagnant « saucisse, compote, purée » de Xavier Deutsch. Une autre manière d’explorer l’univers de ces auteurs, leur intimité, sans se sentir voyeur. Mais aussi l’envie d’aller plus loin dans certaines rencontres.
« L’un des commentaires qui m’a fait le plus plaisir vient d’une amie qui m’a dit qu’elle ne pouvait pas terminer mon livre, commente l’auteure. Non pas qu’elle ne l’aimait pas, mais parce qu’après chaque chapitre, elle allait acheter un livre ! »
Et vous, Apolline Elter, quelle est votre madeleine ? « Je n’en trouve pas, avoue-t-elle. J’ai plus de souvenirs olfactifs comme celui du pain ou de la lessive. Ou des souvenirs musicaux. »
Et vous, amis lecteurs ?
