Fortis : « Leterme-Reynders ont été des amateurs »

n.c.

Mardi 13 janvier 2009

Selon un membre de la commission Fortis, le duo Leterme-Reynders a commis des fautes importantes en ne respectant pas des règles élémentaires du droit commercial et a bradé les intérêts de la Belgique. « Ils ont fait preuve d’un incroyable amateurisme », a dit Dirk Van der Maelen (SP.A).

De tous les intervenants de l’opposition qui ont plaidé pour l’institution d’une grande commission d’enquête sur la crise bancaire, le député socialiste flamand a été celui qui a étayé de la façon la plus approfondie son argument.

Il a souligné que des fautes importantes avaient été commises, notamment lors de la conclusion de convention avec les Pays-Bas d’abord et ensuite dans celle avec BNP Paribas.

Dans les deux cas, les dirigeants de Fortis ont été totalement exclus de la négociation. Ceux-ci ont dû signer la première de ces conventions non seulement sans avoir participé à la négociation mais également sans disposer d’un quelconque document chiffré, a dit M. Van der Maelen.

Et d’ajouter que la convention tient d’ailleurs sur une simple feuille format A4 dans laquelle le montant n’est même pas ventilé en fonction des diverses branches.

Pour la convention avec BNP Paribas, le député a souligné que la banque française était complice de la faute commise en excluant les dirigeants de Fortis. Les conseils d’administration ne disposent d’aucun document écrit ni d’aucun document chiffré. BNP Paribas ne voulait pas négocier avec les organes de Fortis alors qu’elle voulait acquérir des parties importantes de cette dernière, a encore dit M. Van der Maelen.

Il a aussi rappelé quelques-uns des chiffres « colossaux » de la vente des différentes branches de Fortis.

Il a notamment insisté sur le fait qu’en cas de vente globale, Morgan Stanley, le conseiller de Fortis, estimait la valeur de la branche néerlandaise de Fortis Holding – y compris les assurances et ABN Amro – à 22 milliards d’euros, alors que la vente a été conclue pour 16,8 milliards soit une différence de 5,2 milliards d’euros, presque 24 % de moins.

Quant à la vente à BNP Paribas, M. Van der Maelen insiste notamment sur le fait qu’en échange de la vente, l’Etat belge reçoit des actions de BNP Paribas. Celles-ci sont fixées dans la convention à 68 euros alors que l’action ne vaut plus qu’environ 35 euros soit, dit le député, une perte de 4 milliards d’euros.

Il a aussi noté que dans le deal avec BNP Paribas, la valeur de Fortis est estimée à 11 milliards d’euros alors que les moyens propres de l’entreprise s’élevaient à 22,9 milliards d’euros.

Enfin, il a encore insisté sur le fait que BNP-Paribas a veillé à être le plus à l’abri possible des produits toxiques en n’assumant que 10 c dans ce qui reste du Holding.

« C’est pour ces raisons que nous voulons une commission d’enquête sur l’ensemble de la crise bancaire et pas seulement une commission spéciale mixte », a-t-il dit.

Il a provoqué quelque émoi en exhibant le texte des conventions. « Nous avons écrit à la chancellerie du premier ministre pour disposer de ces documents mais nous avons essuyé un refus », a souligné pour sa part le député Ecolo Jean-Marc Nollet, appuyant l’argument de M. Van der Maelen.

Quant à Rob Van de Velde (LDD) il a ironisé en disant que ces documents étaient déjà parus dans la presse néerlandaise.

(Belga)

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