Les scientologues sont parmi nous

METDEPENNINGEN,MARC

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Vendredi 23 janvier 2009

La Une « Devoir d’enquête » dépiaute les stratégies bruxelloises de la secte américaine

Le reportage minutieux que consacrent ce soir Safia Kessas et Jean-Michel Dehon pour Devoir d’enquête à l’Eglise de scientologie fait froid dans le dos. Il confirme que la secte, fondée en 1954 aux Etats-Unis par Ron Hubbard, est parmi nous et qu’elle entend bien faire de Bruxelles son centre de développement européen. Elle bénéficie d’ailleurs de fonds de formation (900.000 €) alloués par la Région flamande, via les sociétés U Man et Ideas (qui a formé des informaticiens du Parlement flamand) et de la complaisance bienveillante des partis d’extrême droite, dont le Vlaams Belang. Johan Demol, son élu bruxellois, bénéficie à l’occasion de ce reportage d’une rare interview que son statut d’élu de l’extrême ne lui aurait, sur d’autres sujets, pas permis d’obtenir de la chaîne publique. « Je ne vois pas d’inconvénient dans l’existence de cette organisation », professe l’ex-commissaire en chef de la police de Schaerbeek qui a prêté son image à des spots antidrogue diffusés par les scientologues. Démonstration sans doute que les gogos de la politique sont les alliés naturels des abuseurs de la crédulité des plus faibles.

Cette émission nous entraîne sur la route tracée par Ron Hubbard, obscur écrivain de science-fiction qui fit de « pour devenir riches, fondez une religion » sa conviction. Ses successeurs (il est mort en 1986) engrangeraient plus de 300 millions de dollars de bénéfices annuels. Ils comptent sur l’appui de stars américaines, comme John Travolta ou Tom Cruise, qui les inondent de millions de dollars. Mais, surtout, ils forgent dans la crédulité des anonymes leur principale source de revenus : 3.000 € pour un « électromètre », vulgaire ohmmètre d’électricien, censé révéler les variations de l’âme. Des cours se vendent plusieurs milliers d’euros pour un cycle complet.

Des rescapés de la scientologie témoignent de leur calvaire : la mise sous cloche, le harcèlement, l’enfermement, parfois, dans un centre de rééducation aux allures carcérales en Floride.

La secte a fait de la Belgique son point d’atterrissage en Europe. Elle exerce des activités de lobbying auprès des parlementaires européens dans l’espoir d’obtenir de la respectabilité. Les écoles, selon une enseignante du Lycée Jacqmain, sont elles aussi approchées via des brochures à l’apparence anodine, comme les droits de l’homme. En Belgique, la scientologie a été inculpée comme personne morale d’escroquerie, d’extorsion de fonds et d’organisation criminelle. À voir les images diffusées ce soir, on comprend mieux pourquoi.

Devoir d’enquête, La Une, 20 h 50.

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