Termonde : Kim D., armé pour un carnage
n.c.
Samedi 24 janvier 2009
Il s’appelle Kim D., il a 20 ans. Il est au chômage et vit seul, à Sinaai (Saint-Nicolas). Il portait un gilet pare-balles sous ses habits et transportait un couteau, une hache et un pistolet factice dans son sac à dos. A proximité du lieu du drame, deux couteaux ont été retrouvés. Kim D. n’a toujours pas fait de déclaration aux enquêteurs. Le juge d’instruction a désigné trois psychiatres pour dresser son portrait psychologique.
Le jeune homme de 20 ans qui a tué deux bébés et une puéricultrice dans une crèche en Belgique était équipé pour commettre un véritable carnage, avec sur lui trois couteaux, une hachette et, sous ses vêtements, un gilet pare-balles, a révélé samedi la justice.
« A proximité du bâtiment de la crèche, on a retrouvé deux couteaux qui appartenaient certainement au prévenu », a déclaré le procureur de Termonde, la commune où s’est déroulé le drame vendredi, Christian Du Four, lors d’une conférence de presse.
Puis, lors de son interpellation par la police, à quelques kilomètres de distance, « il était encore en possession d’un couteau, d’une petite hache et d’un faux pistolet », a-t-il dit. Les armes étaient dissimulées dans un sac à dos.
En outre, « il avait sous ses vêtements un gilet pare-balles », a précisé le magistrat.
Il n’a pas confirmé des affirmations de certains journaux belges selon lesquelles l’homme avait l’intention de s’en prendre à au moins une autre crèche dans les environs lorsqu’il a été arrêté. Il n’y a « pas de certitude qu’il voulait se rendre dans une autre crèche », a dit M. Du Four, niant des informations selon lesquelles les enquêteurs auraient retrouvé sur lui un morceau de papier portant le nom d’un autre établissement de prise en charge de petits enfants.
L’homme était bien grimé, a confirmé le Parquet. Il n’a pas fait d’aveux, mais a formellement été reconnu sur photo par les victimes, de sorte qu’il n’y a aucun doute sur le fait qu’il s’agit de l’auteur.
On en a également appris davantage sur la façon utilisée par l’individu pour pénétrer dans la crèche. « L’entrée officielle de la crèche était fermée, mais il est quasi certain que l’homme s’est introduit sur place via une entrée latérale. De ce côté, il a eu rapidement accès aux enfants », a expliqué le procureur.
« Nous ne savons encore rien quant au mobile et s’il y a un lien avec la localité de Termonde. » Le juge d’instruction a désigné trois psychiatres pour dresser le portrait psychologique de l’individu. « Aucun élément ne nous permet actuellement de croire qu’il a un passé psychiatrique », a-t-il ajouté.
Il s’agit d’un certain Kim D., âgé de 20 ans. Ce jeune homme était au chômage et vivait seul, a indiqué samedi le procureur du Roi, Christian Du Four.
Il n’a toujours pas fait de déclaration aux enquêteurs.
Le forcené a été inculpé d’assassinats et de tentatives d’assassinat et placé en détention provisoire, a indiqué samedi matin le parquet de la ville.
Lors de son audition par le juge d’instruction, il n’a fait aucune déclaration sur les faits ou sur son mobile, a précisé un porte-parole du parquet.
Les enquêteurs ont dû chercher son identité, le forcené refusant de parler. Ils n’ont pas voulu livrer son identité.
Par ailleurs, Ignace Demeyer, le chef du service des urgences de l’hôpital d’Alost où ont été hospitalisés des enfants a indiqué vendredi soir à la télévision néerlandaise Nederland 1 que certains des enfants blessés étaient gravement mutilés. Il a précisé que des médecins spécialisés en chirurgie plastique avaient dû intervenir dès le début dans les soins.
Selon le Dr Demeyer, les blessures dont souffrent les enfants n’auraient pas été causées par « un seul couteau de cuisine »
Bilan de son expédition macabre : deux enfants, Leon (6 mois) et Corneel (9 mois) et une employée de la crèche, Marita (54 ans), tués et douze blessés, hors de danger.
Pour la psychiatre Myriam Van Moffaert, experte auprès des tribunaux, « les victimes et l’auteur sont très jeunes. Il doit y avoir un mobile pour lequel il choisit des enfants comme victimes. Quelqu’un qui serait sous influence de médicaments ou de drogue n’aurait pas choisi ses victimes d’une telle manière ». Pour le Dr Van Moffaert, une série de questions restent sans réponses : « Pourquoi a-t-il choisi de se grimer le visage ? Pourquoi a-t-il utilisé un couteau et non une arme à feu, rendant ainsi les crimes plus sanglants ? On ne peut que faire des spéculations », dit-elle. Le profil de l’auteur est selon elle celui d’un tueur en série, qui avait préparé son coup.
Le forcené est arrivé vers 10h00 à la crèche publique, il a dit qu’il voulait demander un renseignement à quelqu’un. Ensuite, a expliqué M. Janssens, l’échevin aux Affaires sociales, arrivé à la crèche en même temps que les forces de l’ordre, tout s’est passé « en quelques secondes ». « Il est allé tout de suite vers les bébés et les a frappés ». « Les plus jeunes étaient dans leur petit lit, ils dormaient sans doute », a-t-il ajouté, les larmes aux yeux.
Les six employées ont essayé de s’interposer, mais l’homme qui « s’est comporté comme un fou », a frappé à mort l’une d’entre elles.
L’homme est parvenu à s’échapper de la crèche sans difficulté.
« Il ne paniquait pas, il était calme oui, il était comme ça », a expliqué un voisin à la chaîne de télévision belge RTL-TVI.
L’agresseur, un homme d’une trentaine d’années, grand et maigre, le visage peint en blanc avec les yeux cernés de noir, selon les témoignages, a été interpellé peu après par la police, alors qu’il s’échappait à vélo.
Les dix enfants et les deux adultes hospitalisés après avoir été blessés à Termonde sont tous hors de danger, a annoncé un médecin.
« Les dix enfants ont été opérés et sont désormais hors de danger, ainsi que les deux adultes », des employées de la crèche, a déclaré à la presse le docteur Ignace De Meyer de l’hôpital d’Alost.
« Les deux enfants les plus gravement atteints ne risquent plus rien », a renchéri le bourgmestre de Termonde, Piet De Buyse.
Dix enfants et deux adultes sont actuellement répartis dans six hôpitaux différents. Ils ont tous subi une opération et souffrent de plusieurs blessures au couteau. Les enfants n’ont donc pas été rassemblés à l’UZ Gent.
Samedi midi, on apprenait que cinq des douze personnes hospitalisées avaient déjà pu quitter l’hôpital samedi matin, a indiqué le bourgmestre de Termonde, Piet Buyse. Quatre enfants et un adulte. Les personnes toujours hospitalisées sont hors de danger. Un bébé est aux soins intensifs. Les cinq autres enfants sont en section pédiatrie.
Après le drame, la confusion et l’émotion ont été d’autant plus fortes que les bébés blessés, incapables de donner leur identité, avaient été envoyés dans différents hôpitaux, et les parents affolés ne savaient comment les retrouver.
« J’ai vu beaucoup de parents et de grands-parents qui se demandaient ce qui se passait. Il y a eu un peu de panique dans les écoles, les enfants n’osaient pas rentrer chez eux car ils pensaient que l’homme courrait toujours », a raconté une femme, Hilda Diercks, dans la foule des badauds qui se pressaient aux abords de la crèche vendredi après-midi.
Deux autres femmes se trouvaient là avec une petite fille de deux ans, une rose blanche à la main. « On connaît trois des femmes qui travaillent là. On ne sait pas laquelle est morte, c’est l’incertitude totale », a dit l’une d’elles.
La crèche restera fermée pendant une semaine. « Tous les parents des enfants accueillis seront contactés demain/samedi et recevront davantage d’informations », a indiqué l’organisation Kind en Gezin ce vendredi soir.
Les habitants de Termonde ont tenu à témoigner leur solidarité samedi. Une centaine de personnes ont signé le registre de condoléances installé à l’hôtel de ville. Une cinquantaine de peluches ont été disposées devant la crèche. « Dormez bien, petits anges », pouvait-on lire sur une des cartes accompagnant les peluches.
L’incompréhension dominait chez les personnes qui ont écrit quelques lignes dans le registre de condoléances. « Personne ne peut comprendre comment quelqu’un peut faire cela. J’ai moi-même cinq petits-enfants et ma maison ressemble parfois à une crèche. J’ai été choquée lorsque j’ai appris la nouvelle », explique Marianne Van Cakenberg, après avoir signé le registre.
(C.D.P avec Belga)
