La fermeture de Guantanamo embarrasse les Européens

n.c.

Vendredi 23 janvier 2009

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé les Etats de l’UE à accueillir des détenus de Guantanamo afin d’aider le président américain Barack Obama, mais nombre de pays continuent à traîner des pieds.

« Mon opinion personnelle est que oui, bien sûr, on doit aider nos amis américains à résoudre le problème » en prenant en charge certains détenus qui s’y trouvent aujourd’hui, « d’ailleurs il y a au moins deux pays, l’Espagne et le Portugal qui ont déjà fait des propositions en ce sens », a déclaré M. Barroso. « Je crois que les Etats membres de l’UE -c’est leur décision bien sûr – pourraient faire un effort pour aider les Etats-Unis à résoudre cette question », a-t-il ajouté lors d’une rencontre avec quelques journalistes à Bruxelles.

La question d’un geste éventuel de l’Europe, sous la forme de l’accueil de prisonniers, doit être débattue pour la première fois lundi lors d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles. Mais aucune décision immédiate n’est attendue, selon les diplomates, car il n’y a aucune demande américaine pour l’instant et les pays de l’UE sont divisés sur la question.

L’Autriche a ainsi de nouveau exclu vendredi d’accueillir des ex-détenus. « Quiconque cause un problème devrait aussi le résoudre. S’il s’agit de citoyens innocents, il n’y a pas de raison qu’on ne leur permette pas de se construire un avenir aux Etats-Unis », a dit son chef de la diplomatie, Michael Spindelegger. Même réponse de la Suède. « Les Américains ont la responsabilité de fermer Guantanamo et de veiller à ce que la majorité (des détenus) puisse rester aux Etats-Unis », a déclaré le Premier ministre Fredrik Reinfeldt à Stockholm. Le Danemark et les Pays-Bas sont aussi opposés à l’accueil d’anciens prisonniers.

C’est le Portugal qui avait lancé le débat mi-décembre, en étant le premier pays de l’UE à appeler ses partenaires européens à accueillir des détenus. L’Espagne s’est depuis engagée à étudier la question tout en prévenant que l’accueil de prisonniers poserait « de sérieux problèmes légaux ».

L’Allemagne est pour sa part divisée sur la question au sein de sa coalition gouvernementale et adopte une position prudente. « C’est trop tôt pour mener une discussion à ce sujet. D’abord les Etats-Unis doivent indiquer clairement s’ils veulent des contributions et lesquelles », a dit vendredi le porte-parole du gouvernement allemand Ulrich Wilhelm, tout en saluant la décision de fermer la prison, qui « tourne une page difficile des relations transatlantiques ».

Quant à la France, elle s’est seulement dit prête à examiner les demandes « au cas par cas ». L’étude de « demandes individuelles d’accueil se fera sur la base d’un examen des implications judiciaires et des conséquences en termes de sécurité qu’un tel accueil pourrait susciter », a expliqué un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

(afp)

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