La tuerie de Termonde commise par un fan du Joker ?

METDEPENNINGEN,MARC

Samedi 24 janvier 2009

Le Belge de 20 ans accusé d’avoir tué deux bébés et une puéricultrice dans la crèche de Termonde est-il un déséquilibré se prenant pour le terrifiant Joker des films de Batman ? Au lendemain du drame, la question est posée en Belgique.

Le tueur de Termonde affichait un visage maquillé de blanc, des paupières et des cils outrancièrement colorés de noir.

Quelle signification peut avoir ce grimage ?

Ces traits ne sont pas sans rappeler les peinturlurages « gothiques » de certains artistes, dont ceux de Slipknot ou de Slade Carven.

Ils évoquent aussi, avec plus d’inquiétude, ce qui faisait le masque inquiétant du « Joker » dans le film The Dark Knight, la dernière livraison de la saga « Batman ». Dans ce film de Christopher Nolan, suite de Batman Begins, le « Joker », âme maléfique de Gotham City, est incarné par l’acteur Heath Ledger. Son personnage est maquillé presque à l’identique du tueur de Termonde.

Heath Ledger a succombé il y a un an à une surdose de six médicaments. C’était le 22 janvier 2008, un an et un jour avant que le tueur fou ne décime les enfants de la crèche de Termonde.

Dans le film, le « Joker » exige de Batman qu’il dévoile son identité. Sous peine de s’en prendre à des innocents ! Comme à Termonde ? Le film devait être remis à l’affiche par Time Warner, la société productrice, ce 23 janvier en prévision des Oscars où Heath Ledger, interprète du « Joker » a été nominé pour le titre du second rôle masculin.

Même si toute cette comparaison reste éminemment hypothétique, on ne peut s’empêcher de penser au « Joker », dont les rires sardoniques envahissent les interventions dans Le Chevalier Noir, lorsque l’on apprend que le tueur de Termonde, lui, aussi défiait hier soir par ses rires les enquêteurs chargés de l’interroger.

Un « copycat » inspiré d’une fiction cinématographique ?

Le mutisme du tueur nous laisse dans la perplexité totale et seuls les jours prochains diront ce qu’il en est, ce qui motiva le bras meurtrier du « Joker » de Termonde et si un mimétisme cinématographique ou autre, donnait sens à ce grimage.

Son geste fou s’apparente en tout cas, dans la classification criminologique, à un acte posé par un « tueur de masse ». Un tueur est érigé à ce sinistre grade lorsqu’il tue (le plus généralement) quatre personnes d’affilée dans un même lieu, le plus souvent choisi pour sa valeur symbolique.

Il s’agit, dans la plupart des cas recensés et étudiés, de lieux de rassemblements collectifs, comme des écoles (Columbia, Cobino, Virginia aux Etats-Unis ou encore Dawson au Canada, Erfurt en Allemagne, le conseil municipal de Nanterre en France, etc.). Dans beaucoup de cas, notent les spécialistes du FBI, les auteurs de ces crimes de masse prennent soin de se déguiser, de se parer d’habits militaires ou gothiques ; de partir au front criminel, paré de ce qui les caractérise et de ce qu’ils veulent qu’on retienne d’eux. Il est courant qu’ils consignent sur vidéo (Columbine ; la Finlande, dernièrement) leurs intentions, leurs entraînements.

Les tueurs de masse sont considérés comme des psychotiques. Ils se suicident dans la plupart des cas ou se livrent à la police. Ils considèrent que leurs crimes sont, en quelque sorte, le « chef-d’œuvre » de leur vie.

Le tueur en série se distingue du tueur de masse par l’individualisation de ses crimes. Il est considéré comme « plus organisé » que le tueur de masse et veille à ne pas être identifié par la police. À la différence du meurtrier de Termonde, les tueurs de masse utilisent le plus généralement des armes à feu, plus propres à atteindre leur objectif. Les tueurs en série, à l’inverse, ont le plus souvent recours à des couteaux pour s’assurer un contact physique avec leurs victimes et assurer sur elles, par de longues souffrances, l’empreinte de la toute-puissance qu’ils revendiquent.

Pas de résultats.