Le Standard se dirige vers Coronmeuse
WAUTERS,LAURENCE
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Mardi 27 janvier 2009
Liège Les Rouches partis, Sclessin redoute de plonger en enfer
C’est pourtant celui qui, face à Waroux, Glain ou encore Wandre, a retenu les faveurs des responsables du club, qui se sont maintenant tournés vers la Ville de Liège. « Nous l’avons interrogée sur la maîtrise du sol, explique Pierre François. C’est seulement après avoir eu cette assurance sur la propriété du site que le conseil d’administration pourra se positionner. Choisir le meilleur du peloton n’a de sens que si nous pouvons avoir la certitude de concrétiser le projet dans un délai proche ». De fait, les 13 hectares de Coronmeuse sont en majorité historiquement détenus par la Région wallonne. Et les Rouches ne veulent pas opter pour le site si c’est pour affronter ensuite des lenteurs administratives. « Je viens d’écrire à la Région à ce sujet et enverrai la copie de mon courrier au Standard tout à l’heure (NDLR : lisez ce lundi) », répond Willy Demeyer, qui précise avoir demandé l’urgence à la Région sur ce dossier.
Le Standard ajoute qu’il juge que le paramètre « mobilité » fait également partie du « cahier de charges » de la Ville. « Coronmeuse avait déjà été bien classé par l’étude en fonction du paramètre mobilité, explique le bourgmestre. Cela étant, si le choix du site est confirmé, nous lancerons une étude de mobilité sur la zone et collaborerons avec Herstal. Il y a le tram, le Ravel, du parking, et le Standard pourrait partager certaines infrastructures avec les Halles des Foires ».
Autre point à solutionner, plus douloureux pour certains : le devenir du stade actuel. « La SPI+ possède un droit de superficie sur le stade, mais nous pouvons acquérir la pleine propriété avant de le quitter », explique Pierre François. Le proprio pourra donc disposer de son bien comme il l’entend et préfère la démolition : « C’est un site exceptionnel sur le plan stratégique, avec le transport routier et fluvial, l’aéroport, le tram… Cet endroit optimal mérite mieux que d’être confié à un autre club qui n’aurait pas les moyens de gérer l’infrastructure ». Le RFCL n’est pas cité. Mais il est difficile de ne pas y penser…
Aborder la disparition du stade dans le quartier, c’est comme arroser de sel une plaie qui, à peine ouverte, est déjà bien infectée. « Ici, c’est la zone oubliée, sauf les jours de matches. Nous, on s’est habitués à ce rythme, à avoir un peu d’ambiance tous les quinze jours pour nous animer ce quartier complètement mort ! », se plaint ce monsieur d’une cinquantaine d’années. « Sclessin, c’est le Standard, c’est ça notre identité, ajoute cette jeune femme qui sert au café « Le Corner » pour dépanner. La boucherie a fermé, la boulangerie a fermé, les deux magasins italiens ont fermé il y a six mois quand une moyenne surface a ouvert et maintenant elle a fermé elle aussi ! Ici, il y a une dizaine de cafés qui tournent, et quelques snacks. Qu’ils ferment le Standard, on n’aura plus rien ». Il y aura bien le tram. « Qu’est-ce qu’on va faire avou çoula ? Compter les trams qui passent ? ».
Un couple plus âgé, dans la rue Souvret, est moins emporté : « Nous, le Standard, on s’en fout. C’est la seule chose qu’on ait dans le quartier, mais les supporters font quand même pas mal de désordre. A la limite, s’ils partent, peut-être qu’on pensera un peu à Sclessin. Entre Liège et ses gros projets et Seraing et ses gros projets, nous, ça fait vingt ans qu’on nous oublie ».
Willy Demeyer le promet : Sclessin devrait faire l’objet d’une vaste étude de requalification urbaine, à l’instar de celle réalisée en cité du Fer.
On se souviendra toutefois que ce quartier, avant la fusion des communes de 1976, appartenait à Ougrée. Et que les limites de la Cité ardente avaient été dessinées en fonction… des stades. Celui de Rocourt, remplacé depuis par un cinéma. Et celui de Sclessin, qu’on envisage de raser.
