Un crédit sans passer par la case « banque »

n.c.

Mercredi 28 janvier 2009

Avec la crise, le crédit entre particuliers explose aux États-Unis où des plateformes en ligne le rendent particulièrement efficient. Comment fonctionnent ces prêts en ligne? Sont-ils disponibles pour les Belges?

La banque est-elle en train de perdre la préséance sur l'un de ses plus forts bastions : le crédit? Nous n'irons pas jusque là, mais avec la frilosité actuelle des acteurs du secteur, un phénomène prend une réelle ampleur aux Etats-Unis, le "peer-to-peer banking". Le système, qui repose sur une interface virtuelle, permet aux particuliers désireux d'obtenir un prêt d'entrer en contact avec des internautes disposés à avancer leurs deniers sous certaines conditions. Sans passer par la case "banque".

Une grande partie des crédits s'est toujours déroulée en dehors du cadre bancaire classique. Prêts intrafamiliaux ou entre amis, la " solidarité" a pris un nouveau tournant grâce au développement de l'outil internet. En 2005, Prosper et Zopa, les précurseurs de prêts en ligne apparaissaient. Depuis, d'autres organisations se sont engouffrées sur le marché : Boober, Smava, CommunityLend, Fundable, etc. Et si à leur lancement il y a trois ans, des sites comme Zopa pour le Royaume-Uni ne s'occupaient que du transit de sommes minimes, les montants échangés portent désormais de nombreux zéros.

Une étude publiée avant crise par Online Banking Report prévoit qu'en 2011 le crédit de personne à personne pourrait dépasser les 100.000 prêts par an et atteindre le volume du milliard de dollars. Depuis, avec le refroidissement du monde de la finance, la fréquentation des portails de Prosper, Zopa (qui s'est implanté en Italie et au Japon) et, plus proche de nous, aux Pays-Bas, de Boober explose.

Barrière légale

Pourtant, à la différence des activités d'eBay qui a fait fortune en cassant la chaîne des intermédiaires à l'achat, le crédit est régi par des réglementations nationales ou régionales. En Belgique, la CBFA, la Commission bancaire des finances s'est penchée l'année dernière, suite à une demande de Boober justement, sur la possibilité de créer une telle plateforme d'échanges bancaires. Sa réponse, motivée dans son rapport annuel, est limpide: au regard de la loi bancaire de 1993, un problème se pose. "L'article 4 de cette loi prévoit que seuls les établissements de crédit peuvent faire appel au public en vue de recevoir des fonds remboursables. Ce qui à la lecture d'un arrêté royal de 1999 ne semble pas garanti avec un outil comme Boober", explique l'organe de contrôle pour qui seule une révision de la législation autoriserait la mise en ligne de peer to peer banking à partir de la Belgique.

La balle est donc dans le camp des législateur.

Simon Foucart (St.)

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