Avis de tempête sur l’économie belge
DEMONTY,BERNARD
Mercredi 28 janvier 2009
Société Prévisions alarmistes
Selon l’organisme, le pays devrait enregistrer, en 2009, une croissance négative de 1,7 %. Il faut remonter à la Seconde Guerre mondiale pour trouver pareille chute. « Même durant la crise pétrolière, la croissance n’avait pas chuté à ce point », constate le ministre de l’Entreprise et de la Simplification, Vincent Van Quickenborne. En 1975, la croissance avait chuté de 1,3 %.
Seule note très légèrement optimiste : la situation de la Belgique est moins grave que la moyenne de la zone euro, qui s’établit à - 1,9 %. Selon l’INC, la Belgique va enregistrer quatre trimestres consécutifs de baisse de croissance, mais la situation devrait se stabiliser à la fin de l’année.
Les nouvelles ne s’annoncent pas meilleures en ce qui concerne l’emploi. Durant l’année 2009, 22.400 postes de travail devraient disparaître. Mais les variations d’un mois à l’autre pourront être très fortes. Selon le ministre Van Quickenborne, au dernier trimestre 2009, il devrait y avoir 56.700 personnes occupées en moins par rapport au quatrième trimestre 2008.
Cette baisse de l’emploi vient rompre une habitude de croissance qu’avait prise la Belgique. En 2006, 58.000 postes avaient été créés. Et l’an dernier, on comptait 71.000 nouveaux jobs.
Ces pertes d’emploi vont évidemment entraîner une hausse du taux de chômage. Toujours selon l’Institut, ce taux va atteindre 8,2 % en moyenne annuelle, alors qu’il avait atteint le chiffre plancher de 7,1 % en 2008.
Dans ce contexte, inutile de dire que les particuliers vont faire le gros dos. Ils vont épargner : le taux d’épargne, déjà élevé en Belgique va gagner 2,6 % par rapport à 2008, pour atteindre 15,7 %. Bémol sur la consommation, aussi. Elle va baisser de 0,4 %, alors qu’elle avait augmenté les trois dernières années.
Le conseil des ministres va analyser ces données ce jeudi matin. Le 20 février, il devra revoir complètement le budget 2009, car celui-ci avait été élaboré sur la base d’un scénario de croissance de 1,2 %. Il apparaît aujourd’hui qu’il s’agissait d’un doux rêve.
