Un accord bis pour la vente de Fortis
PADOAN,BERNARD
Vendredi 30 janvier 2009
Un accord modifiant les termes de la vente de Fortis à BNP Paribas est intervenu au bout de la nuit. Principal point de l’accord, outre la confirmation de la cession de 75 % de Fortis Banque à BNP Paribas : les activités d’assurances sont réintégrées à 90 % dans Fortis Holding. Le titre Fortis a été suspendu.
Au bout d’une longue nuit de discussions, le Premier ministre Herman Van Rompuy et le ministre des Finances Didier Reynders ont annoncé un nouvel accord entre le gouvernement, Fortis Holding et BNP Paribas.
Didier Reynders a insisté sur le fait que Fortis Banque restait pour 75 % entre les mains de BNP Paribas et de 25 %+1 action dans celles d’Etat Belge. Pour le gouvernement, « le nouvel accord permet de doter Fortis Holding de perspectives et de moyens autour d’un projet industriel crédible ». « Ces aménagements répondent aux recommandations du rapport des experts pour améliorer la valeur de Fortis Holding », a précisé Didier Reynders.
Comment ? « En diminuant le risque du portefeuille de crédits structurés (SPV), en offrant au Holding une option sur les plus-values sur les actions BNP Paribas que détient le gouvernement ainsi qu’en créant un véritable projet industriel autour du pôle assurances ».
Didier Reynders a souligné que « la charge de l’Etat belge était ramenée à 11,4 milliards d’euros ». Selon le ministre des Finances, l’endettement de l’Etat est ainsi réduit de l’équivalent de 1 % du PIB.
Pour le premier ministre Van Rompuy, l’objectif de ce nouvel accord est évidemment « d’obtenir l’accord des actionnaires en rendant l’offre plus attractive ». Le gouvernement s’est refusé à chiffrer cette plus-value par action Fortis, d’autant que celle-ci devrait être suspendue ce vendredi, du moins si la CBFA, à qui le gouvernement a transmis le protocole d’accord, le décide. Herman Van Rompuy a précisé qu’une circulaire reprenant tous les détails de ce nouvel accord allait être adressée aux actionnaires ce vendredi.
Quant à savoir si le nouveau protocole pourrait être soumis aux actionnaires lors de l’assemblée générale du 11 février prochain, le premier ministre a souhaité que cela soit le cas, même s’il n’appartient pas au gouvernement d’en modifier l’ordre du jour.
Enfin, quant à savoir ce qu’il en sera des dividendes éventuellement versés par BNP Paribas, le ministre des Finances a bien précisé qu’ils reviendraient « à celui qui possède les actions ». Comprenez : l’Etat belge.
La Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) a suspendu le titre Fortis jusqu’à la publication par Fortis SA/NV de la circulaire à destination des actionnaires pour les informer de l’accord et leur permettre de voter en connaissance de cause sur les résolutions qui leur seront soumises lors de l’assemblée générale du 11 février. La circulaire pourrait être envoyée ce vendredi, ce qui permettrait en principe une reprise de la cotation de l’action Fortis lundi.
Fortis holding ne modifiera pas lui-même l’agenda de l’assemblée générale extraordinaire du 11 février. « Nous ne le pouvons pas. Les délais sont dépassés. C’est à un juge qu’il revient de décider », a déclaré vendredi une porte-parole du holding.
L’incertitude demeure donc sur la façon dont se déroulera l’assemblée générale. Selon l’agenda actuel, les actionnaires devraient dans un premier temps élire un nouveau conseil d’administration, après quoi ils auraient à se prononcer sur les différentes transactions intervenues début octobre 2008 et ayant conduit au démantèlement du bancassureur. Entre-temps, les accords conclus avec BNP Paribas ont fortement évolué.
Fortis a publié ce vendredi matin sur son site internet une circulaire à destination des actionnaires. Mais étant donné les nouvelles conditions applicables aux conventions conclues avec BNP Paribas, le holding a également annoncé qu’il publiera « au plus tôt » un complément à la circulaire destinée aux actionnaires, « reflétant les nouveaux termes, l’impact estimé sur la situation financière de Fortis ainsi que les conséquences sur les agendas des assemblées générales ».
