Pierre Perret attaque « Le Nouvel Obs »

GORISSEN,AGNES

Lundi 2 février 2009

Presse Le chanteur s’estime diffamé

Menteur, imposteur, plagiaire ? Le chanteur a réfuté toutes les accusations dans une tribune au « JDD ». Avant un procès.

Des pages de réactions sur le site du Nouvel Observateur. Des prises de position enflammées, soit en faveur du magazine, soit pour défendre celui qu’il démolit d’abrupte façon dans sa dernière livraison : Pierre Perret. Une polémique est née, qui n’est pas près de s’arrêter : le chanteur a décidé de porter plainte pour diffamation.

Petit retour en arrière. La semaine dernière, Sophie Delassein publiait dans Le Nouvel Obs un article intitulé « Perret et le pot aux roses », reprenant les résultats de l’enquête que la journaliste a menée après la parution du dernier livre de Pierre Perret, A Cappella. Et elle y va fort : elle accuse le chanteur d’être un imposteur, un menteur et un pilleur de textes.

Elle affirme, par exemple, que contrairement à ses dires, Pierre Perret n’a pas pu être l’ami de l’écrivain Paul Léautaud… puisqu’il ne l’a jamais rencontré. Elle qualifie donc d’imposture le livre Adieu, monsieur Léautaud que le chanteur a écrit en 1972 et où il retranscrit ses conversations avec l’écrivain.

Sophie Delassein souligne par ailleurs l’ingratitude de Pierre Perret qui démolit aujourd’hui Georges Brassens, « celui qui lui a ouvert sa porte et glissé des billets quand il ne mangeait pas à sa faim » et à qui Perret s’est « autorisé à demander d’urgence une somme colossale pour la maison qu’il souhaitait se faire construire vers 1960 ». Pour la journaliste, tout s’explique par un fait : « Perret enrage d’avoir toujours été considéré comme une pâle copie de Brassens. Qu’il ne cesse pourtant de piller par ailleurs » – et de citer Le petit-fils d’Oedipe et Le grand vicaire.

Et, au rayon plagiats, la journaliste épingle aussi un vers de Garcia Lorca dans la chanson « Blanche ». Avant de citer un bouquiniste décrivant Perret comme « friand des auteurs méconnus du XVIIIe. Il me demande toujours à combien d’exemplaires les recueils ont été tirés. Au bout d’un moment, j’ai compris pourquoi : il les pillait et avait peur que ça se sache. »

Sans doute les choses auraient-elles été plus simples si Pierre Perret avait accepté de rencontrer Sophie Delassein. Ce week-end en tout cas, le chanteur est sorti de son silence en publiant une tribune dans Le Journal du dimanche, intitulée « Pourquoi tant de haine ? » et qui répond point par point.

« Je suis impatient d’apprendre comment vous allez démontrer – et prouver – que “je n’ai jamais rencontré Léautaud“, que je n’ai jamais cessé de “piller Brassens“ ». Il reconnaît avoir enregistré Le petit-fils d’Oedipe, mais avec l’autorisation du neveu de Brassens. Le bouquiniste ? « Je veux bien (le) rencontrer et qu’il me dise en face et nommément quels sont les noms des auteurs que j’ai pillés “en ayant peur que ça se sache” ». Quant au vers de Garcia Lorca, il dit s’en être inspiré inconsciemment et l’avoir « avoué » dans son livre.

Perret aurait affirmé à un journaliste que Léautaud l’aurait hébergé pendant trois ans ? « Lorsque l’on connaît Léautaud, tel que je l’ai connu, peut-on imaginer une telle aberration ? Hormis ses chats, ce dernier n’a jamais “hébergé” qui que ce soit, même pas ses maîtresses ».

Quant à ses relations avec Brassens, oui, il lui a bien demandé un prêt d’argent dans les années 60 pour acheter un lopin de terre, mais il s’agissait de quelques sous et non d’une « somme colossale » – « Le maître, ajoute-t-il, n’a jamais répondu à ma requête. » Perret estime n’avoir pas « démoli Brassens (…) Georges, que j’avais pris pour un ami, n’était pas de ceux-là. Est-ce outrageant de l’avoir dit ? (…) Ce qui est sûr, c’est que j’étais déçu, voilà la vérité. »

Pierre Perret conclut : « Je me ferai une joie d’en référer à une mignonne dont j’ai vanté maintes fois les vertus dans mes couplets, et défendu la cause bec et ongles, contre ceux qui bafouent la vérité, l’honneur, la dignité, elle s’appelle la Justice. »

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