Collés via Facebook : immixtion dans la vie privée ?

n.c.

Jeudi 5 février 2009

Des élèves du lycée Saint-Jacques à Liège s’étaient servi de Facebook pour appeller à la démission d’une éducatrice. La direction de l’école a riposté en listant les membres du groupe pour les coller. Immixtion dans la vie privée, selon la Fédération des étudiants libéraux.

La Fédération des Etudiants Libéraux (FEL) a décidé de saisir la Commission de la Protection de la Vie Privée (CPVP) d’une demande d’avis à la suite des sanctions disciplinaires prises à l’encontre d’une septantaine d’élèves du Lycée Saint-Jacques de Liège ayant adhéré à un groupe sur Facebook. La FEL estime qu’il s’agit là d’une immixtion évidente dans la vie privée des élèves.

Appeler à la démission d’une éducatrice de son école par le biais d’un groupe Facebook n’est certes ni fort sympathique pour la personne concernée, ni le moyen le plus efficace pour relayer quelque coup de gueule vis-à-vis d’un membre du corps éducatif, juge la fédération.

Mais se fonder sur l’existence d’un tel groupe et pratiquer le recensement de ses membres avec pour objectif d’attribuer des heures de retenue et des travaux académiques disciplinaires est, par contre, bien plus heurtant aux yeux des étudiants libéraux.

Pour la FEL, il ne ressort pas du rôle et des missions de l’école de s’instituer en tribunal d’exception avec pour justiciables les élèves fréquentant, en journée, ses murs. L’utilisation de Facebook relève pleinement de la sphère privée ; le principe a déjà affirmé dans une autre affaire par le pouvoir organisateur provincial du Hainaut.

La fédération appelle également le ministre Christian Dupont à adresser une circulaire informant les établissements scolaires des bornes à respecter en matière de vie privée des étudiants.

(belga)

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