L’Europe, un projet en question

WYNANTS,JEAN-MARIE

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Mardi 10 février 2009

Scènes « Mental Finland » au KVS

Sur la scène du KVS, les danseurs de diverses nationalités, basés à Bruxelles, entrent petit à petit dans l’univers du metteur en scène finlandais Kristian Smeds. C’est à Bruxelles que ce dernier monte sa nouvelle création, Mental Finland. Une interrogation sur l’Europe d’aujourd’hui et de demain dans laquelle 7 danseurs sont confrontés à 7 acteurs parmi les plus renommés de Finlande. Pour s’en convaincre, il suffit de constater que toute la presse finlandaise, télévisions en tête, s’est déplacée pour une simple conférence de presse présentant l’événement.

« C’est une pièce à propos de l’Europe, pas de la Finlande, précise d’emblée le metteur en scène. Ce qu’on y raconte se passe partout en Europe. »

Depuis 2002, il vient régulièrement à Bruxelles. « En tant qu’individu, je ne pense pas que cette ville soit le repaire du démon, rigole-t-il. Mais Bruxelles est la ville la plus haïe en Europe à cause du contexte politico-administratif. Les gens ont l’impression que toutes les grandes décisions sont prises ici. »

Mental Finland ne sera pas pour autant une pièce pour ou contre l’Europe. « On ne donne ni réponse ni solution pour l’avenir. On regarde simplement cette réalité européenne sous différents angles à travers une quinzaine de scènes très variées.

On y parle de nombreux thèmes : l’identité sur le plan personnel et sur le plan national ; le sentiment national face à l’Europe et la question de savoir si le concept de nation est encore utile ; la valeur de l’héritage culturel d’une nation ; la question de l’environnement ; les guerres ou les possibilités de guerre ; la question des migrations… »

Une énergie commune

Refusant de défendre une idéologie ou une ligne politique, Kristian Smeds met en exergue une réalité qui le concerne directement : « Il y a 14 personnes sur scène, travaillant sur une même pièce. Tous ont des backgrounds différents. Le fait d’arriver à créer quelque chose en semble, une énergie commune, c’est un thème du spectacle. Il n’apparaît pas dans le texte mais, en creux, dans la réussite de ce projet. »

Pour le reste, il laisse à chacun le soin de se faire une opinion. « C’est un spectacle plutôt surréaliste au sens où on y trouve un réalisme menant à la poésie. Il y a tellement d’idées, d’opinion, de goûts différents en Europe. Si notre performance peut permettre de lancer des discussions, on aura fait notre boulot. C’est à ça que sert une œuvre d’art : permettre aux gens de débattre, pas uniquement à partir de leur propre expérience mais en se référant à d’autres points de vue. »

Du 11 au 22 février au KVS,

02 – 210.11.12, www.kvs.be.

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