Alain Hubert veut « faire vivre » sa station

BELGA; AFP; DU BRULLE,CHRISTIAN

Lundi 16 février 2009

Alain Hubert, qui a procédé ce dimanche à l’inauguration de la station Princesse Elisabeth en Antarctique, entend rapidement « faire vivre » cette nouvelle infrastructure. « La station est un symbole qui montre qu’on a les outils et le savoir-faire pour faire face au changement climatique » a déclaré le co-fondateur de l’International Polar Fondation. Un retour des Belges en Antarctique qui fait déjà date.

Alain Hubert, qui a procédé dimanche à l’inauguration de la station Princesse Elisabeth en Antarctique, entend rapidement « faire vivre » cette nouvelle infrastructure. « La station est un symbole qui montre qu’on a les outils et le savoir-faire pour faire face au changement climatique » a déclaré dimanche soir le co-fondateur de l’International Polar Fondation (IPF).

La station a été inaugurée à 13 heures (locale et belge), en présence notamment de la ministre de la politique scientifique, Sabine Laruelle.

Interrogée par le ministre des finances Didier Reynders, présent à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique à Bruxelles, où l’IPF avait convié les personnes qui n’avaient pas pu se rendre au Pôle Sud, Mme Laruelle a confié « éprouver une grande fierté à l’occasion de l’inauguration d’un outil fabuleux pour la recherche et la Belgique ».

Un homme de courage et de conviction

Dans un message diffusé au cours de la même soirée à Bruxelles, le Prince Philippe, président d’honneur de l’IPF, a tenu à féliciter Alain Hubert, « homme de courage et de conviction ».

« Cette idée est la vôtre. Vous avez réussi à convaincre le gouvernement et vous avez également fait appel à la population pour concrétiser ce projet. On ne doit pas avoir peur de rêver. Aujourd’hui un rêve devient réalité », a déclaré le Prince, dans un film le montrant aux côtés de sa fille.

Lanouvelle station a été baptisée du nom de la princesse héritière Elisabeth.

L’inauguration de la station était initialement prévue à 18 heures mais, les conditions climatiques étant favorables à 13 heures, elle a été avancée.

Une plaque commémorative a été dévoilée avant que la délégation présente n’effectue une visite de la station elle-même.

Une délégation d’une quarantaine de personnes, principalement des sponsors, en dehors des deux membres du gouvernement fédéral, avait fait le déplacement en Antarctique pour l’inauguration de cette première station polaire « zéro émission », qui marque le retour de le Belgique sur le continent, quarante ans après la fermeture de la Base Roi Baudouin (1957-1967).

Pari tenu

Le pari d’Alain Hubert, le président de l’IPF (la Fondation polaire internationale), est gagné. Après deux saisons de construction dans les Terres de la Reine Maud, non loin de l’endroit où fut jadis installée la base Roi Baudouin, une nouvelle station de recherche scientifique belge voit le jour en Antarctique.

L’inauguration a donc eu lieu en grande pompe. Le prince Philippe, président d’honneur de la Fondation, n’était cependant pas, lui, du voyage. Pas cette fois : le Palais royal annonce sa venue lorsque la station sera en phase de régime fonctionnel. Selon certains, une question d’orgueil protocolaire serait à la source de son absence : le prince Albert II de Monaco lui aurait volé la vedette.

Quoi qu’il en soit, ce retour des Belges en Antarctique est un événement. Depuis la fermeture de la base Roi Baudouin, il y a quarante ans, ils ne disposaient plus d’une infrastructure fixe sur ce vaste continent tout entier dédié à la recherche. À l’instigation d’Alain Hubert et de sa fondation, un nouveau projet a lentement mûri depuis le début de ce siècle : celui de construire là-bas une nouvelle station qui pourrait servir de modèle à toutes les nations antarctiques.

« Zéro émission »

Une station moderne ne produisant aucune sorte de rejets dans la biosphère, une station « zéro émission ». C’est aujourd’hui une réalité. Avec ses éoliennes, ses panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, ses matériaux de pointe, son isolation poussée à l’extrême et ses systèmes de recyclage d’eau, le nouveau bâtiment ne devrait avoir qu’un impact insignifiant sur l’environnement.

Le travail des équipes scientifiques « permettra d’améliorer la connaissance des propriétés de la glace », essentielle pour comprendre l’évolution à long terme du climat, explique sur place Jean-Pascal Van Ypersele, vice-président du GIEC (Groupement intergouvernemental pour l’environnement et le climat).

D’autres chercheurs collectent des données météo, tandis qu’une équipe de l’Université de Liège étudie les propriétés de petites mousses qui survivent malgré le climat extrême de l’Antarctique et qui pourraient être prometteuses pour l’industrie pharmaceutique.

« L’objectif, c’est aussi de faire rêver et d’attirer les jeunes vers les sciences. Aller en Antarctique, c’est un peu comme aller sur la lune », sourit Alain Hubert.

Une station d’été

Cette station présente aussi la particularité d’être une station d’été. Pour des questions de coûts et de logistique, il avait été décidé dès le début que la « Station Princess Elisabeth » serait une base qui ne fonctionnerait qu’à la belle saison. Elle doit pouvoir accueillir 12 chercheurs dans des conditions optimales. Mais ce nombre peut être revu à la hausse au besoin.

Cette saison qui s’achève aura déjà vu cette année plusieurs équipes scientifiques travailler dans ses environs immédiats. Des glaciologues de l’ULB, des géologues japonais mais aussi un médecin militaire menant des recherches sur la santé mentale et physique des constructeurs de la Station, des microbiologistes de Liège et de Gand ainsi que des chercheurs de l’Observatoire royal de Belgique et de l’Institut royal météorologique y étaient à pied d’œuvre cet hiver.

La véritable première « saison scientifique » à la nouvelle Station sera toutefois pour l’an prochain. À ce moment-là, le cœur d’Elisabeth se mettra réellement à battre.

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