Logement social en fusion(s)

SAUSSEZ, ISABELLE

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Mercredi 18 février 2009

Charleroi Les libéraux relancent le débat : la polémique couve

Le MR propose de fusionner les cinq sociétés publiques carolos. « L’idée n’est pas neuve », répond le PS.

La dernière fois qu’Olivier Chastel avait convoqué la presse pour parler de logement social, c’était le 5 septembre 2005. La grenade était dégoupillée. Elle a fait exploser l’ancienne majorité socialiste. La rencontre de ce mardi matin avait une autre teneur, tout en conservant un relent de polémique. Le chef de file libéral a en effet annoncé l’intention de son groupe de réclamer la rationalisation du secteur du logement social à Charleroi à travers une fusion des cinq sociétés implantées sur le territoire. « L’accord de majorité prévoit une réforme du logement social. Nous avons étudié la question et constaté que des disparités entre les différentes sociétés nuisent à leur bon fonctionnement », explique Olivier Chastel.

Et le secrétaire d’État de citer des contrastes flagrants dans la gestion des finances, le patrimoine et les investissements consentis ces dernières années dans le cadre des programmes exceptionnels d’investissement. « Certains ont massivement profité des PEI, d’autres pas. Et ceux qui l’ont fait ont saupoudré les investissements ou, au contraire, concentré leurs efforts sur quelques biens », explique Olivier Chastel. Selon lui, cette hétérogénéité est plus visible encore en matière de gestion. Cinq sociétés de logements sociaux, c’est cinq services de marchés publics, cinq départements informatiques, cinq organigrammes et cinq organes de gestion des candidatures pour l’accès au logement. « Quid du coût que cela représente ?, s’est-il interrogé. Il est temps de dépasser la logique du repli sur soi. »

Deux entités avant 2010

L’idée du MR : fusionner les cinq sociétés de logements de service public en deux étapes, « pour amortir les bouleversements ». La première consisterait en la création de deux entités sur la base d’un découpage territorial est/ouest. La Carolo et Versant est d’un côté ; le Foyer marcinellois, le Val d’Heure et le Logis moderne de l’autre. Cette première phase pourrait aboutir au premier trimestre 2010. La seconde étape, consistant à créer une structure unique, devrait être bouclée avant la fin de cette législature, soir 2012. « Il faudra se faire accompagner. Les services communaux ne sont pas préparés à mettre cela sur pied. J’invite donc la Ville à lancer un marché public et ne pas prendre pour argent comptant ce que l’un ou l’autre pseudo-spécialiste raconte. » Le chef de file libéral fait ainsi référence aux échos qui reviennent du cabinet du ministre de tutelle André Antoine (CDH) et font état d’un mandat qui serait délivré à un ancien commissaire spécial pour « déblayer le terrain administrativement en vue d’une fusion ou d’un rapprochement du Val d’Heure, du Logis moderne et du Foyer marcinellois », commente l’échevin carolo du logement. Pour le socialiste Eric Massin, l’idée de rationaliser le secteur du logement social ne date pas d’hier et

figure en toutes lettres dans le pacte de majorité. « C’est facile de recycler une idée. Mais la concrétisation n’est pas aussi simple. Nous y travaillons », lance-t-il.

Repères

La gestion du parc immobilier social carolo est répartie entre cinq sociétés de logements de service public (SLSP), chacune gérée par ses propres directeur et conseil d’administration.

La Carolorégienne. Elle dispose de 2.850 logements répartis sur Charleroi, Lodelinsart et Couillet.

Le Logis moderne. Il compte, dans son parc immobilier, une grande quantité de maisons individuelles et des appartements, soit un total de 2.500 biens dispersés dans les anciennes communes de Monceau-sur-Sambre, Roux et Jumet.

Le Foyer Marcinellois. L’essentiel de ses logements locatifs est situé à la Cité Parc, sur le territoire de Marcinelle. Il dispose de 1.250 logements.

Versant Est. Il dispose de 1.650 logements sociaux à Montignies-sur-Sambre, Gilly, Ransart et Gosselies.

Le Val d’Heure. Ses 1.850 biens immobiliers sont dispersés à Marchienne-au-Pont et Mont-sur-Marchienne.

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