Dupont veut adapter l’offre scolaire au marché

BERKENBAUM,PHILIPPE

Jeudi 19 février 2009

Enseignement

Christian Dupont veut pousser les écoles d’une même zone à collaborer pour adapter leur offre aux besoins du marché de l’emploi local et rendre l’enseignement technique et professionnel plus efficace

Contrairement à ce qui se passe en Flandre (dans une certaine mesure) ou dans d’autres pays, l’enseignement qualifiant n’a pas bonne presse en Belgique francophone. Les établissements techniques et professionnels sont considérés par beaucoup, au mieux, comme des filières de relégation, au pire comme des écoles poubelles. Et pourtant, ils scolarisent près d’un élève du secondaire sur deux en Communauté française. Le ministre de l’Enseignement Christian Dupont (PS) a fait de la revalorisation de cet enseignement l’un de ses chevaux de bataille. Il vient de mettre au point un nouvel outil qui devrait être adopté ce jeudi par le gouvernement.

« L’objectif, commente le ministre, est d’assurer un maximum d’opportunités aux élèves qui fréquentent l’enseignement qualifiant en augmentant à la fois l’attractivité, l’efficacité et la pertinence des formations ». La mesure avancée elle vise à pousser les écoles situées dans une zone déterminée à collaborer pour adapter ensemble leur offre de formation aux besoins du marché de l’emploi local. Toutes ? Toutes ! Ça veut dire : tous réseaux confondus. « Il faut inciter les établissements à sortir de leur relatif isolement, trop souvent entretenu par des concurrences stériles et des clivages du passé ».

Comités de pilotage

Concrètement, le décret « bassins scolaires » (il fonctionnera selon une logique zonale) se fonde sur une expérience pilote menée à Charleroi, qui sera étendue aux dix zones sous-régionales d’enseignement de la Communauté. Dix comités locaux de pilotage seront mis sur pieds, composés de représentants des écoles du cru, des partenaires sociaux (patrons et syndicats), du Forem (en Wallonie) et d’Actiris (à Bruxelles). Ils seront chargés d’identifier les besoins locaux et d’inciter les écoles à adapter leur offre.

Elles pourront ainsi ouvrir de nouvelles options formant à des métiers en pénurie (soudeurs ou électromécaniciens par exemple), en fermer d’autres surnuméraires (quatre formations de coiffeurs sur quelques kilomètres carrés, c’est trop) et même en conserver certaines trop faiblement fréquentées alors qu’elles forment à des métiers en pénurie.

Pour susciter tout cela, les instances de pilotage bénéficieront d’une enveloppe budgétaire leur permettant d’offrir des incitants financiers aux écoles qui développent de nouveaux projets répondant aux besoins. Quatre-vingts projets seront financés l’an prochain et 150 par an à partir de 2010, pour un budget récurrent de 6 millions d’euros. Les établissements qui céderont certaines options pourront conserver pendant cinq ans une partie de l’encadrement qui devrait normalement disparaître avec l’option fermée. Tout cela se fera sur une base volontaire, non imposée. « A terme, conclut Christian Dupont, ce mécanisme devrait produire une dynamique de redéploiement progressif et cohérent de l’offre d’enseignement qualifiant sur chaque bassin grâce à une logique de concertation entre les acteurs ».

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