Salaires : une femme = 76 % d’un homme
DEMONTY,BERNARD
Mardi 3 mars 2009
Salaires Les salariées gagnent 650 euros de moins que leurs collègues masculins
L’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 24 %. En euros sonnants et trébuchants, c’est encore plus parlant : les femmes gagnent en moyenne 650 euros brut par mois de moins que les hommes.
En heures, minutes, secondes, c’est également impressionnant : « Par rapport aux hommes, chaque jour, à partir de 15 h 05, les femmes cessent d’être payées », dit Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.
Le syndicat a réalisé une étude sur le sujet, sur la base des données de l’Institut national de statistique pour l’année 2006.
Seul point positif : l’écart diminue, alors qu’il était stable depuis 3 ans. Entre 2005 et 2006, la différence est passée de 25 % à 23,58 %. Aux derniers comptages, une femme gagne en moyenne 2.106 euros brut par mois, alors qu’un comme peut compter sur 2.756 euros.
Pourquoi une telle différence, alors que l’égalité salariale est inscrite dans des textes aussi fondamentaux que la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Traité de Rome, la Constitution et les lois belges tendant à lutter contre la discrimination ? D’abord, parce que les femmes travaillent en nombre dans des secteurs où la rémunération est plus faible, comme le textile, le travail domestique, les soins de santé, l’enseignement, etc.
Ensuite, parce que les travailleuses exercent davantage leurs activités à temps partiel. Osons la question qui dérange : ce travail à temps partiel est-il vraiment subi ou les femmes souhaitent-elles cette situation ? « Notre enquête aborde cette question, et nous estimons que le travail à temps partiel est choisi dans seulement 10 % des cas », dit Anne Demelenne.
A l’appui de son affirmation, la secrétaire générale cite l’exemple du secteur de la distribution. Pas faux. Une employée témoigne : « Toutes les fonctions dans le supermarché où je travaille sont à temps partiel. Impossible d’avoir un temps plein. Nous pouvons faire des heures supplémentaires, mais cette possibilité ne nous est offerte que durant la période des fêtes. D’autre part, les horaires sont tellement variables que nous ne pouvons accepter un autre mi-temps dans une autre entreprise. »
La FGTB dénonce également le fait que les promotions et les formations sont souvent moins accessibles aux femmes, qui se retrouvent cantonnées dans des tâches d’exécution.
Le syndicat socialiste a également commandé un sondage à l’institut Dedicated Research, pour mesurer les préjugés.
« Ils restent tenaces », dit Anne Demelenne. Ainsi, 39 % des sondés estiment que le temps partiel est incompatible avec des fonctions dirigeantes et 32 % pensent que les travailleurs à temps partiel ont moins d’ambition que les autres.
Seules 35 % des personnes interrogées estiment que le temps partiel permet de progresser professionnellement.
La FGTB entend continuer à œuvrer pour résorber l’écart salarial.
Le syndicat organisera des actions de sensibilisation le 27 mars prochain.
