Musée Après 15 ans de péripéties, le Grand Curtius liégeois ouvre ses portes

WYNANTS,JEAN-MARIE

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Mardi 3 mars 2009

Un labyrinthe d’art et d’histoire

À Liège, le Grand Curtius ouvre ses portes ce week-end. Première visite d’un musée pas comme les autres.

Les enfants aiment construire des cabanes avec passages secrets et passerelles improbables reliant le fauteuil du salon à l’armoire de la cuisine… Les nombreux architectes intervenus dans le projet du Grand Curtius à Liège ont dû se souvenir de cette époque bénie au moment de s’attaquer à ce chantier titanesque : relier cinq espaces muséaux existants et y ajouter des espaces contemporains pour ne plus faire qu’un seul et même gigantesque musée.

A l’issue d’une première visite, on est d’emblée frappé par cet aspect architectural aussi complexe que fascinant. « Il a fallu jouer avec de multiples contraintes, explique l’architecte Paul Hautecler, mais c’est cela qui était intéressant dans ce projet. »

Ces contraintes doivent beaucoup aux différents bâtiments concernés mais aussi à la saga du Grand Curtius commencée en 1995 et qui aura connu durant 14 ans une succession de recours en justice, d’interruption des travaux, de suspension ou d’annulation de permis de bâtir, de changements d’architectes, etc. Aujourd’hui pourtant, le Grand Curtius existe bel et bien.

Au départ de ce projet, on trouve la volonté de la ville de Liège de regrouper en une seule entité différentes collections présentées dans plusieurs bâtiments.

On retrouve donc désormais sous une même coupole les collections des musées du Verre, des Armes, d’Archéologie, des Arts religieux, des Arts mosans et des Arts décoratifs. Soit des toiles de qualité diverse, dont un magnifique Bonaparte jeune peint par Ingres, des pièces mondialement connues comme l’évangéliaire dit de Notger, des poteries mérovingiennes, du mobilier Serrurier-Bovy, toute une variété de munitions Winchester, les pendules de la collection Duesberg, de superbes vierges en bois polychrome, etc.

Un fabuleux « bric-à-brac », selon les mots d’un des responsables du lieu, qu’il a fallu organiser avec l’aide des divers conservateurs. Evitant la simple juxtaposition des genres, le Grand Curtius propose un parcours chronologique faisant appel à toutes les collections et menant à des échappées thématiques dans les diverses sections spécialisées.

Environ 5.800 pièces sont ainsi présentées au public ! C’est indéniablement trop et il aurait fallu réduire ce nombre pour mieux mettre en valeur telle ou telle œuvre, période ou thématique.

Dans l’ensemble pourtant, le parcours se révèle agréable et surprenant. On le doit à la richesse des collections et à certaines pièces exceptionnelles bien mises en valeur par un système de vitrine d’une grande sobriété. On le doit aussi à des ensembles cohérents comme la (trop) petite salle Serrurier-Bovy, la reconstitution du cabinet d’Eugène Ysaye, de superbes séquences d’art religieux…

Mais on le doit aussi aux multiples ouvertures sur l’extérieur jalonnant ce parcours labyrinthique. Répondant au risque d’asphyxie du visiteur sous l’avalanche de biens, elles offrent une respiration et une lumière bienvenue en des lieux autrefois plutôt renfermés. Surtout, elles multiplient les points de vue mettant en valeur cet étonnant ensemble architectural composé de bâtiments de la fin du XVIe (Palais et résidence Curtius), de la fin du XVIIe (Hôtel Brahy et Maison De Wilde), du XVIIIe (Hôtel de Hayme de Bomal), des divers ajouts et modifications apportés à ceux-ci au fil du temps, de la nouvelle aile contemporaine et de plusieurs cours et jardins conçus par l’architecte paysager Erik Dhont. Un tour de force.

Week-end d’ouverture les 7 et 8 mars, entrée gratuite, 04-221.68.00,

www.grandcurtiusliege.be.

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