Liège est l’avenir de Verviers
CONRAADS,DANIEL
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Vendredi 6 mars 2009
Politique Desama relance son plaidoyer « métropolitain »
À l’époque son ballon d’essai n’avait sans doute pas obtenu l’écho qu’il en espérait, le bourgmestre PS de l’ex-cité lainière vient de remettre le couvert après s’être assuré que des mandataires d’autres partis (notamment Melchior Wathelet pour le CDH et Pierre-Yves Jeholet pour le MR) étaient disposés à appuyer son plaidoyer. Claude Desama a donc répété, jeudi, que l’avenir de la région liégeoise, mais aussi de Verviers et des communes voisines passe par la constitution d’une vaste communauté métropolitaine.
« Pour exister sur la carte des métropoles européennes, une ville et son agglomération doivent atteindre la taille critique d’un million d’habitants, estime-t-il. Entre Cologne et Bruxelles, il reste donc une place à prendre pour une métropole de cette dimension. Et Liège par son hinterland, sa position géographique à proximité de l’Allemagne et des Pays-Bas, des infrastructures de transport en plein développement, une population active qui possède un bon niveau de formation, une université, des infrastructures culturelles… possèdent les atouts nécessaires pour tenir un tel rôle », souligne-t-il.
De son « balcon » verviétois, Claude Desama dit avoir relevé les changements positifs qui s’opèrent dans l’ancienne capitale principautaire. « Liège dispose d’une capacité identitaire extrêmement puissante. Par le passé, elle a souvent été handicapée par des conflits de personnes et une absence de stratégie globale, mais ces dernières années les choses sont en train de changer, constate-t-il. Aujourd’hui, les Liégeois travaillent notamment par le biais du GRE, (NDLR : Groupement de redéploiement économique) une nouvelle structure très professionnelle. Ils ont monté des projets ambitieux qui tiennent la route comme le retour du tram dans l’agglomération liégeoise, l’aménagement du trilogiport, le redéploiement de l’aéroport de Bierset », ajoute-t-il.
Pour le bourgmestre de Verviers, l’avenir de sa ville, mais aussi des localités les plus proches passent immanquablement par un arrimage aux wagons de cette structure métropolitaine. « Le développement d’une communauté de cette envergure ne peut qu’être profitable à Verviers et aux neuf communes qui l’entourent avec lesquelles, nous pourrions constituer un pôle régional de près de 140.000 habitants », insiste-t-il. Le « hic » selon Desama, c’est que ces entités voisines sont parcourues par des tendances centrifuges et un localisme qui rendent malaisée la mise en œuvre de projets à grande échelle.
Or, à ses yeux, l’agglomération verviétoise n’a d’ailleurs pas vraiment d’autre choix. « Si nous ratons ce train métropolitain, nous risquons d’être aspiré par l’attractivité liégeoise et d’être relégué, d’ici dix ou quinze ans dans un rôle de localités résidentielles », prédit-il. Le mayeur verviétois est évidemment d’avis que la Communauté germanophone, « porte ouverte sur l’Euregio » doit, elle aussi, être partie prenante dans cette structure métropolitaine.
Dans son plaidoyer, Claude Desama n’oublie pas non plus la Province de Liège qui, selon lui, devrait jouer un rôle de vecteur politique et de facilitateur des projets métropolitains notamment avec l’aide d’« outils » comme le GRE et de la SPI+.
Fin mars, à l’initiative de la députation provinciale, Desama et d’autres mandataires liégeois, verviétois, mais aussi hutois et hesbignons vont participer à un « remue-méninges » destiné à faire franchir un pas supplémentaire à ce projet de communauté taille XXL.
Un projet de tram-train verviétois
Lorsque le trajet à grande vitesse sera pleinement opérationnel, bon nombre de trains ne circuleront plus sur la ligne traditionnelle. Moins de trains passeront donc par la gare de Verviers ce qui libérera aussi des créneaux horaires. Claude Desama préconise de tenir compte de cette situation nouvelle pour mettre en place une liaison « tram-train » qui circulerait à une fréquence élevée et serait dotée de nombreux arrêts entre Welkenraedt, Verviers et Spa. Une telle liaison, sorte de RER verviétois pourrait, selon lui remplir plusieurs missions : « Il permettrait de renforcer le rôle central de Verviers en répondant à une demande importante de déplacements par transport en commun émanant de catégories d’usagers comme les travailleurs et les étudiants », souligne-t-il. En terme de mobilité, cette liaison tram-train devrait, en outre, inciter certains usagers à moins utiliser leur voiture et donc désengorger le centre-ville d’une partie du trafic automobile.
