Fortis – BNP Paribas : marchandages au bout de la nuit
n.c.
Samedi 7 mars 2009
Les marchandages entre le gouvernement et BNP Paribas se sont prolongés au-delà du délai fixé à minuit. Les négociations semblaient pouvoir aboutir à un accord. Mais ce sont les actionnaires qui auront le dernier mot.
C’est à minuit qu’expirait en principe le délai pour renégocier un accord signé en octobre par BNP avec l’Etat belge. Mais passé cette heure, toujours pas de fumée blanche.
Selon L’Echo, le conseil des ministres restreint qui s’est réuni en début de soirée a pris fin vers 23h15. De nouvelles concertations avaient lieu avec BNP Paribas.
A leur arrivée au 16 rue de la Loi, vers 18h30, les acteurs du dossier ne se sont pas répandus en déclarations, Joëlle Milquet indiquant que de « petites négociations » restaient à mener. Et ajoutait, prudente : « Quant à la possibilité de parvenir à un accord ce soir on verra bien ». Laurette Onkelinx expliquait qu’un accord était proche, « mais il se pourrait qu’on n’arrive pas à régler les derniers détails. Dans ce cas, il faut fermer la porte ». Et d’ajouter : « Les exigences de BNP Paribas ne sont pas un problème mais alors, il faut des contreparties pour l’Etat belge », a-t-elle encore commenté. Ni le Premier ministre Herman Van Rompuy, ni le ministre des Finances, Didier Reynders, ne se sont exprimés lors de leur arrivée au 16, rue de la Loi, sur le coup de 20h30.
Si les négociations semblent plutôt bien engagées, un nouvel accord ne lèverait pas pour autant l’incertitude autour de Fortis, car le document devrait ensuite être soumis aux actionnaires, qui avaient repoussé le précédent accord à une courte majorité.
Comme dans les précédentes versions de l’accord, la version qui tenait encore la corde en début de nuit prévoyait un adossement de la banque belge à BNP Paribas à 75 % (voire 70 %, le point n’était pas encore tranché vers minuit), ainsi qu’une montée à 25 % de la banque française dans l’assurance belge.
De nouvelles garanties de la part de l’Etat belge en cas d’aggravation de la crise auraient également été prévues. Aucun montant fixe n’aurait été déterminé mais il s’agirait de garanties apportées à Fortis Banque seulement en cas d’aggravation de la crise.
« C’est un accord gagnant gagnant à la fois pour les actionnaires de Fortis holding qui vont récupérer plus de cash, pour l’Etat belge qui n’intervient qu’en cas d’aggravation de la crise et pour BNP Paribas », estime une source interne à la banque française. L’opération, évaluée à 14,5 milliards d’euros, doit permettre à BNP Paribas de devenir le premier établissement bancaire de la zone euro par le volume des dépôts.
Fortis holding n’est pas directement impliqué dans les négociations entre les autorités belges et BNP Paribas. Le holding, qui regroupe encore Fortis Insurance Belgium (FIB), a cependant été tenu informé vendredi de l’état de la situation.
