La Godisiabois succède à la Maillan

WYNANTS,JEAN-MARIE

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Mardi 10 mars 2009

Scènes « Pièce Montée »

critique

Sanglée dans son imper, Françoise Lumière rentre chez elle au moment même où son répondeur téléphonique enregistre un message. Surprise, elle cherche où peut bien se trouver l’homme dont elle entend la voix… Françoise Lumière n’est pas très douée avec la technique. Pas sûre qu’elle soit très douée non plus avec la vie.

Ce soir, elle attend les invités venus célébrer son anniversaire. Mais ceux-ci tardent à arriver. Heureusement, dans la salle, il y a le public, qui lui permet de ne pas se sentir tout à fait seule. De petit porto en petit porto (Mais il y a de l’alcool dans ce porto, s’étonne-t-elle), elle se laisse aller aux confidences, organise son plan de table pour tenter de reconquérir un ex-amant tout en faisant subir les pires vexations à sa belle-sœur, raconte sa vie de chanteuse à Las Vegas, évoque son passé de missionnaire au Pérou et nous signale en passant qu’elle est détective privé.

Bref, dès le départ, Françoise Lumière nous entraîne dans un sacré micmac où l’on ne sait pas vraiment démêler le vrai du faux. Ecrite spécialement pour Jacqueline Maillan, Pièce montée est la première pièce de théâtre de Pierre Palmade. Et cela se sent. Si certains moments sont savoureux, partant dans le délire le plus complet, d’autres sont un peu lourds, apparaissant comme de petits sketchs collés au spectacle. Qui plus est, celui-ci avait été écrit sur mesure pour celle qu’on appelait La Maillan. Un mot, un geste de cette dernière suffisait à faire rire le public nourri de tous ses rôles passés. En reprenant le flambeau près de vingt ans plus tard, sous la houlette de Daniel Hanssens, Laure Godisiabois prend donc un sacré risque.

Nantie d’une vraie nature comique, la jeune femme attaque pourtant bille en tête sans se soucier de ce que l’on pourra bien penser. Et elle est irrésistible.

Si le texte connaît quelques passages à vide, la comédienne, elle, parvient toujours à relancer la machine. Et elle n’est jamais aussi bonne que quand elle s’éloigne de son modèle pour s’approprier pleinement le personnage. On attend désormais avec impatience l’auteur qui écrira un monologue rien que pour La Godisiabois.

Au Petit Mercelis, rue Mercelis à Ixelles, 070.75.42.42, www.ticketnet.be.

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