61 % de parents disent non au décret mixité
BERKENBAUM,PHILIPPE
Mercredi 11 mars 2009
À Bruxelles et en Brabant wallon en tout cas, où sont concentrées la plupart des écoles incapables de faire face aux trop nombreuses demandes d’inscription, la sérénité a été balayée par l’angoisse et le ressentiment des familles. Le ministre a promis une évaluation du décret. On l’attend toujours, mais un papa a été plus rapide.
Olivier Quatresooz, dont le fils Florian est toujours sans école, dirige une société spécialisée dans les études de marché et sondages d’opinion. Il a donc entrepris de lancer une vaste enquête auprès des familles concernées, avec l’appui des ASBL Elèves et Décret Lotto, chevilles de la lutte contre le(s) décret(s) inscription. Le Soir en a eu vent. Ses résultats sont assassins.
Sur 14.500 familles concernées (un enfant en 6e primaire à Bruxelles ou en Brabant, inscrit en secondaire pour la rentrée 2009), 1.000 ont répondu, ce qui est énorme. Elles représentent 140 écoles, 80 appartenant aux réseaux officiels et 60 au libre. La moitié des répondants ont obtenu l’école de leur (premier) choix. Ils devraient donc être contents. Bien au contraire : ils sont pratiquement aussi critiques que les autres vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement en matière d’inscription scolaire.
Notons que 15 % d’entre eux, une famille sur 6 ou 7, se disent ouvertement insatisfaits, bien que leur enfant soit inscrit là où ils le souhaitaient.
Raisons principales de leur frustration : le caractère inadmissible du tirage au sort (31,3 %), le non-respect du critère d’immersion (18,8 %) ou le fait que les amis de leur enfant ne sont pas inscrits (14,6 %).
Du côté des parents qui ont décroché une place mais pas leur premier choix (25,3 % des répondants), plus de 9 sur 10 sont mécontents. Parce qu’ils n’ont pas obtenu l’école dont ils rêvaient (57 %), parce que l’école obtenue est trop loin (18,5 %) ou non adaptée à leur enfant (5 %).
Quant à ceux dont l’enfant n’a été tiré au sort nulle part (24,8 % de l’échantillon), tous sont mécontents : incertitude pénible (87,6 %), tirage au sort inadmissible (5,8 %) sont les principales raisons citées.
