La Région hale le bateau

DE BAST,ANNE-CATHERINE; LAMBERT,EDDY

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Vendredi 13 mars 2009

Transport Modes alternatifs subsidiés

Soutien au transport fluvial, moins polluant. Tout profit pour l’unique ligne régulière partant de Liège.

Il n’existe qu’une ligne régulière de transport fluvial de conteneurs (containers en anglais) actuellement en Wallonie. La société TFC (Transport fluvial de containers), établie au port de Renory, à Kinkempois (Liège), l’a ouverte il y a six ans. Bonne nouvelle pour elle, le gouvernement wallon vient d’adopter un arrêté favorable à ce mode de transport moins polluant.

Le ministre régional de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), est venu l’annoncer ce jeudi chez TFC : « Avec son plan d’action pour la logistique, l’Union européenne vise à renforcer les modes de transport alternatifs. Elle nous autorise à donner des aides pour réduire la différence de coût avec le transport routier, moins cher que la voie d’eau mais dont l’empreinte écologique est beaucoup plus grande. »

D’après l’administrateur délégué de TFC, Nicolas Limbioul, le bateau pollue quatre fois moins que le camion. « 18 grammes de CO2 par tonne transportée contre 80 grammes. »

La Région wallonne versera un subside de 12 euros par conteneur, à la condition de l’embarquer ou le débarquer dans un terminal wallon. Un coup de pouce nécessaire à la ligne régulière de TFC, pas encore rentable. « Il nous faut un taux de remplissage de 80 % à chaque voyage, précise Nicolas Limbioul. La moyenne actuelle est de 60 à 70 %. »

Deux bateaux, 24 h sur 24

Deux bateaux font l’aller-retour entre Renory et le port d’Anvers (un aller dure 14 heures), 24 heures sur 24. L’un d’une capacité de 3.000 tonnes, le second, de la moitié. Le plus imposant se mettait justement en marche hier à l’arrivée du ministre. « Il peut transporter 150 conteneurs sur trois niveaux, indique l’administrateur délégué. Ici, il part avec deux niveaux mais chargera d’autres conteneurs à l’Ile Monsin et à Genk. »

En 2008, TFC, appartenant au Groupe Portier Industries, a transporté 20.647 TEUs – conteneurs équivalents à 20 pieds (6,058 mètres de long). Ce qui représente 200.000 tonnes de marchandises… et 20.000 camions en moins sur la route.

TFC emploie 40 personnes pour le transport et l’empotage et le dépotage (mettre les marchandises dans les conteneurs et les sortir). S’ajoutent les emplois indirects : le voyage entre le client et Renory est sous-traité aux transporteurs routiers locaux.

« Notre ligne commence à être connue, constate Nicolas Limbioul. Nous offrons le même service que nos concurrents ferroviaires et routiers. La seule différence, c’est que nous devons planifier 48 heures à l’avance le déchargement à Anvers. Ce qui exige une logistique très pointue. »

En ce début d’année, TFC ne ressent pas vraiment de ralentissement du fret conteneurs. « Les mois de janvier et de février sont aussi bons que les derniers de 2008. » Confiant dans l’avenir de la ligne régulière, l’administrateur délégué « rêve de la prolonger vers Charleroi ».

L’école de batellerie renouvelle sa flotte

Il en a vécu des histoires, le Libertas… Le bateau flotte sur les eaux depuis 1921. Et voilà 27 ans que les élèves en batellerie de l’école polytechnique de Huy s’exercent sur l’embarcation. Seulement, il prend l’eau. La péniche a été parfaitement entretenue, certes. Mais aujourd’hui, elle coûte cher et ne suffit plus. Sans compter qu’en matière d’apprentissage, elle est dépassée. La solution : remplacer le bateau. L’opération est estimée à 3,6 millions d’euros. Hors budget, pour la Province, qui s’occupe de la formation. Pourtant, si le Libertas n’est pas renouvelé, l’école pourrait bien couler d’ici cinq ans.

« Les besoins du secteur fluvial sont très importants. On y dénombre un besoin de 1.200 postes de travail, assure Marc Tarabella, ministre de la formation. Le taux d’insertion est de 100 %. Maintenir les formations actuelles et augmenter l’offre est une priorité. Et l’école de Huy est la seule reconnue en Région wallonne… »

Une raison suffisante pour accorder un petit coup de pouce à la Province. Jeudi, 1,85 million d’euros des fonds européens Feder a été dégagé pour la réalisation de ce projet. En tant que ministre de l’Equipement, Michel Daerden, a débloqué un budget de 250.000 euros. Et Jean-Claude Marcourt (économie), 490.000 euros. L’ancien bateau devrait être revendu pour 200.000 à 300.000 euros. Le reste sera pris en charge par la Province.

Une fois le marché attribué, le Libertas II sera construit. Il s’agira d’un bateau pousseur et d’une barge de 39 mètres de long chacun. Sa durée de vie : 8 ans. Cet outil permettra de pérenniser les formations actuelles et d’en développer d’autres. Il permettra également de faire face à la concurrence européenne. Le projet tombe à pic, puisqu’il s’intègre pleinement dans la politique régionale de développement de la navigation intérieure, qui se concrétise avec le Trilogiport, notamment.

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