Le jour où orthographe s’écrira ortografe

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE; MARON,GUY; STAGIAIRE

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Lundi 16 mars 2009

Culture La langue française en fête

Une langue, ce n’est pas rigide. Ça accepte de nouvelles saveurs, ça évolue. Sur son site, « Le Soir » rectifie sa langue.

Même Jean-Marie Klinkenberg, le président du Conseil de la langue française et de la politique linguistique, l’affirme : « Je ne pleurerai pas le jour où on supprimera tous ces “th” et ces “ph” du français. » Lui, il estime qu’on devrait s’atteler à une grande réforme de la langue française. S’attaquer à l’accord du participe passé, par exemple. Mais ce n’est pas dans l’air du temps.

Déjà, la réformette de l’orthographe française établie en 1990, et rappelée officiellement en septembre 2008 aux formateurs scolaires, a du mal à s’imposer. Il ne s’agit cependant pas de trancher pour l’orthographe rectifiée contre l’orthographe traditionnelle mais de permettre les deux et, d’abord, d’enseigner la rectifiée.

Pas de quoi faire tout un plat ? Si, apparemment. Les francophones s’accrochent aux bizarreries de leur langue. En sont-ils amoureux ? Ou se disent-ils que si eux les ont assimilées, les autres n’ont qu’à le faire aussi ?

Les règles de l’orthographe rectifiée ne sont pourtant pas envahissantes. Voyez dans ces pages. Un nénufar par-ci, un paraitre par là, une bonhommie et un charriot, pas de quoi fouetter un chat (ça, ça ne change pas). Juste de quoi permettre une écriture plus aisée Mais personne n’en veut. Ou presque.

Alors, à l’occasion de l’opération « La langue française en fête », qui se déroule jusqu’au 22 mars, des linguistes ont voulu montrer en quoi consistait exactement cette orthographe rectifiée. Et Le Soir a joué le jeu sur son site web.

« On cherchait une façon de vitaliser la nouvelle orthographe et de contribuer à son adoption, explique Cédrick Fairon, membre du Conseil de la langue et directeur du Centre de traitement automatique du langage de l’UCL. Une manière de le faire était de sortir le débat de l’école pour le placer dans la presse. » La langue se vit partout dans la vie en effet. Cette opération était impossible sans recours à l’informatique : le centre de M. Fairon a mis au point un logiciel qui convertit automatiquement un texte en orthographe traditionnelle en texte avec la nouvelle orthographe.

Comment ça marche. Sur le site du Soir, www.lesoir.be, vous prenez un article. Un bouton vous invite à le traduire en nouvelle orthographe. Cliquez, c’est fait. Les formes modifiées sont mises en évidence. Et si vous promenez la souris sur elles, on vous explique la règle rectifiée.

« C’est une démarche volontaire, ludique et pédagogique à la fois, sourit Cédrick Fairon. On voit les exemples de rectification dans le monde du texte et pas dans celui de la règle. On voit aussi que ça ne mutile pas le texte. Sur un article de journal, il y a un ou deux changements, pas plus. Les réactions envers ces rectifications sont pour moi vraiment excessives. »

www.lalanguefrancaiseenfete.be

http://cental.fltr.ucl.ac.be

www.lettresetlivre.cfwb.be

p.15 L’essentiel des 800 mots rectifiés

Le long chemin vers la simplification

D’emblée, tuons un mythe : celui d’un âge d’or de l’orthographe, où des règles tirées au cordeau étaient

D’emblée, tuons un mythe : celui d’un âge d’or de l’orthographe, où des règles tirées au cordeau étaient comprises et appliquées par tous. Cet âge d’or n’a jamais existé et l’orthographe a toujours évolué. Longtemps même, elle fut incertaine, car considérée comme sans importance.

Vers 1740 encore, le maréchal Maurice de Saxe, s’étonnant qu’on lui proposât de siéger à l’Académie française, pouvait écrire sans crainte du ridicule : « Il veule me fere de la Cadémie. Cela miret comme une bague a un cha. » Monsieur le Maréchal maniait mieux l’épée que la plume, mais ne manquait ni d’esprit ni de lucidité.

L’Académie, créée en 1635 par Richelieu et Louis XIII, fut chargée « de fixer la langue française » et mit progressivement en place, en France et dans l’ensemble de la francophonie, une véritable « orthographe d’Etat », notamment par le biais d’un dictionnaire de référence. Il le devint véritablement en 1835, lors de sa sixième édition qui consacra et pétrifia l’orthographe moderne.

Mais dès 1673, les Immortels s’attachèrent à établir des règles pour l’orthographe française, affichant d’emblée un conservatisme qui restera leur marque de fabrique. Mais les écrivains se souciaient comme d’une guigne des sentences académiques, le concept de faute d’orthographe n’existant pas encore vraiment.

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle qu’on commença vraiment à se soucier de la façon d’écrire les mots. Première réforme d’importance en 1740, dans la troisième édition du Dictionnaire, où la graphie de plus de 6.000 mots est figée, avec notamment l’introduction des accents.

Mais en orthographe comme partout, la règle trop rigide suscite et nourrit l’opposition. En 1771, Voltaire s’engage pour une simplification de l’orthographe : « L’écriture est la peinture de la voix, écrit-il ; plus elle est ressemblante, mieux elle est. » Tout au long du XIXe siècle, les initiatives se multiplient. Ainsi, la Société de réforme orthographique, fondée en 1886, dont le but est la « simplificacion de l’ortografe Fransaize ». A l’orée du XXe siècle, une commission est chargée de simplifier l’accord des participes passés – rapporté d’Italie par le poète Clément Marot, « avec la vérole » disait Voltaire. Mais l’Académie française, mollement associée aux travaux, refuse les propositions d’invariabilité du participe passé avec « avoir », arguant que « modifier (cette règle), c’est porter l’atteinte la plus grave à la littérature française tout entière ; c’est reléguer d’un seul coup dans l’archaïsme tous les poètes qui ont écrit jusqu’à ce jour. » Gasp.

Dénombrer les commissions, campagnes, pétitions et autres projets de réforme de l’orthographe qui ont émaillé le siècle passé serait inutile : tous ont sombré dans l’oubli sans ébranler la roideur marmoréenne de l’Académie. Pour le pittoresque, épinglons « le droi d’ékrir(e)/éqrir(e) kom/qom on pronons(e) » et « l’ortografe populère » en faveur desquels s’engagèrent de vaillants réformistes.

Et nous voilà en 1990. Le Conseil supérieur de la langue française, créé un an plus tôt par le Premier ministre Michel Rocard, soumet aux académiciens une série de propositions de réforme.

Le projet est soumis aux Immortels en mai et approuvé, à l’unanimité ! Idem en Belgique et au Québec par les instances compétentes. Mais, le 6 décembre de la même année, la publication des rectifications au Journal officiel suscite une vague de protestations, portée notamment par Le Figaro et un certain François Bayrou, convaincu que « cette réforme de l’orthographe est un problème de protection des citoyens devant la toute-puissance des pouvoirs ». Ou comment ériger le « i » d’oignon en rempart de la démocratie. Une pétition contre les rectifications est lancée. La guéguerre entre partisans et détracteurs de la nouvelle orthographe est ouverte.

On connaît le côté frondeur des académiciens. Il n’est donc pas étonnant que certains aient entamé une courbe rentrante devant le hourvari des défenseurs du nénuphar, parmi lesquels on comptait quand même cinq Prix Nobel. Lors de la séance du 17 janvier 1991, l’Académie décidait prudemment que « ces simplifications et unifications seront soumises à l’épreuve du temps, et elle se propose de juger, après une période d’observation, des graphies et emplois que l’usage aura retenus ».

Après cette prise de position chèvre-choutiste, les éditeurs Larousse, Hachette et Robert décident de ne pas entériner les rectifications dans leurs publications, les faisant simplement paraître à titre d’information et de curiosité.

Enterrement de première classe de la réforme ? Pas du tout : ses partisans ont continué de militer et, peu à peu, elle a pris sa place, dans les ouvrages de référence, les outils informatiques… L’objectif reste que la nouvelle génération puisse écrire, sans craindre les foudres magistrales, l’imbécilité d’être combattif dans un charriot exémateux.

Près de vingt ans pour en arriver là. La nouvelle génération, elle, est déjà passée à 2m1…

« L’accord du participe passé, une perte d’énergie »

entretien

Jean-Marie Klinkenberg est professeur de sémiotique et de rhétorique à l’Université de Liège et président du Conseil de la langue française et de la politique linguistique. Ces rectifications de l’orthographe, il y est tout à fait favorable.

On ne l’emploie guère, cette nouvelle orthographe.

C’est que le travail a été très bien préparé en amont… mais très mal en aval. On a subi une levée de boucliers contre cette réforme, on a proféré beaucoup d’inexactitudes, du genre « On ne pourra plus lire les livres anciens » ou « L’avenir de la langue est menacé »… Bref, ça s’est enlisé. Un certain nombre de revues et d’éditions appliquent les rectifications, mais un peu en stoemelinks. Aujourd’hui, le dictionnaire de l’Académie française a des entrées en orthographe rectifiée, la dernière édition du Robert aussi, et des correcteurs orthographiques informatiques de même. Mais tout se passe comme si ça ne devait pas se savoir.

Dans une école belge, on peut écrire nénufar et ognon ?

Bien sûr. Si le professeur sanctionne, il contrevient aux circulaires ministérielles.

Pourtant, certains punissent. Les profs font-ils ce qu’ils veulent ?

Je le pense.

Pourquoi n’a-t-on pas assorti la réforme d’obligations ?

Parce que la politique est l’art du possible. En France, on est très conservateur en matière de langue.

Faudrait-il une réforme d’ampleur en français ?

Je le crois. Parce que le français connaît un certain nombre d’absurdités. Certaines règles sont une perte d’énergie, comme l’accord du participe passé. Et le petit francophone vit dans l’insécurité orthographique. Même plus âgé aussi, d’ailleurs. En fait, l’orthographe ne s’est fixée qu’au début du XIXe, et c’est le courant étymologiste qui a prévalu. Dans les autres pays romans, c’est le courant phonétique qui l’a emporté.

Pourquoi cette opposition farouche aux rectifications ?

C’est la pression de l’incertitude et de la vitesse acquise. Un peu comme les pères regrettent que leurs fils ne fassent pas leur service militaire parce que « tu seras un homme, mon fils ». Nous avons subi cela, vous aussi. Et puis on s’attache à la langue et à sa forme écrite en particulier. Pour nombre de personnes, la langue est constitutive des identités.

Vous voudriez aller plus loin.

Nous savons que l’ambiance internationale n’est pas à l’audace, mais nous avons pris l’initiative de réfléchir à la faisabilité de rénovation de certaines orthographes grammaticales. L’accord du participe passé, par exemple. Ça servira peut-être un jour.

L’orthographe s’écrira-t-elle un jour « ortograf » ?

Pourquoi pas ? Les « th » et les « ph » ont été distribués au petit bonheur la chance dans la langue. On devrait en fait écrire « theâthre » au lieu de « théâtre », par exemple. Mais l’écriture doit être faite pour tous, et pas seulement pour quelques latinistes et hellénistes. Le jour où on supprimera tous les « th » et les « ph », je ne pleurerai pas.

Dix règles, et quelques exceptions

1Numéraux. Les numéraux composés sont tous reliés par des traits d’union : vingt-et-un-mille-trois-cent-deux… Mais millier, million et milliard, qui sont des noms, ne sont ni précédés ni suivis d’un trait d’union : deux millions trois-cent-mille

2Noms composés. Pour ceux composés d’un verbe ou d’une préposition suivis d’un nom, ce second élément prend la marque du pluriel seulement et toujours lorsque le mot est au pluriel : un compte-goutte et des compte-gouttes, un après-midi et des après-midis. Exception : quelques mots dont le second terme contient un article (des trompe-l’œil) ou commence par une majuscule (des prie-Dieu).

3Accent grave. Il remplace l’accent aigu pour régulariser un certain nombre de mots (évènement, règlementaire…), au futur et au conditionnel des verbes se conjuguant comme céder (je cèderai, il règlera) et dans les formes du type puissè-je.

4Accent circonflexe. Il disparaît (pardon : disparait) sur i et sur u : traitre, bruler… Exception : les 1re et 2e personnes du pluriel du passé simple (nous vîmes, nous lûmes…). Exception encore : les mots qui sans l’accent seraient homographes (le participe passé , les adjectifs mûr et sûr, le nom jeûne et les formes du verbe croitre). Il y en a d’autres…

5Verbes en -eler et -eter. Ils se conjuguent tous sur le modèle de peler ou de acheter : le e du radical se change en è quand la syllabe qui suit contient un e muet : il détèle, il époussète, il détèlera… Exceptions : appeler, jeter et leurs composés redoublent le l ou le t devant une syllabe contenant un e muet.

6Mots étrangers. Les noms que le français a empruntés à d’autres langues font leur pluriel comme les autres mots français : les matchs, les solos, les maximums. Ils s’accentuent aussi selon les règles appliquées aux mots français : un révolver.

7Soudure. Elle s’impose pour les mots composés de contr(e) –, entr(e) –, extra –, infra –, intra –, ultra –, pour ceux composés avec des éléments « savants » (hydro –, socio –, etc.), dans les onomatopées et les mots d’origine étrangère. Exemples : entretemps, extraterrestre, tictac, weekend et portemonnaie.

8Mots en -olle, verbes en -otter. Leur finale s’écrit avec une consonne simple : corole, frisoter. Exceptions : colle, folle, molle, et verbes de la même famille qu’un nom en -otte (botter, de botte).

9Tréma. Il est déplacé sur la lettre u prononcée dans -güe- et -güi –, et ajouté dans quelques mots. Aigüe, ambigüité, argüer.

10Laisser. Le participe passé laissé suivi d’un infinitif reste invariable : les enfants que tu as laissé partir.

Ajoutons que quelques anomalies ont été supprimées. On écrira ainsi : bonhommie, charriot, combattif, exéma, imbécilité, nénufar, ognon, persiffleur, relai, joailler, etc.

Pour en savoir plus, une bonne adresse : www.orthographe-recommandee.info

Et pour en savoir beaucoup plus : Dominique Dupriez, La nouvelle orthographe en pratique, Ed. De Boeck-Duculot, 240 pages, 16 euros.

Utilisez-vous la nouvelle

orthographe ?

Non

Florence Michaux Correctrice pour Télémoustique

Nous n’utilisons pas l’orthographe rectifiée mais ce n’est pas par principe, c’est plutôt un réflexe, une question d’habitude. Et puis, la nouvelle orthographe, je ne la connais pas vraiment, donc je ne vais pas abandonner une chose que je maîtrise pour une inconnue. Pour l’instant, aucun journaliste ne tient à appliquer cette orthographe simplifiée chez nous. Cela dit, la langue évolue et je pense que l’on sera amené à utiliser de nouvelles règles petit à petit.

Non

Francis Dannemark écrivain, éditeur au Castor Astral

Je n’utilise pas l’orthographe modifiée parce que, dans le domaine littéraire, le public se sentirait perdu. Très peu de revues adoptent la nouvelle orthographe. Le problème, c’est que le décalage entre le texte classique et le texte simplifié est minime : c’est de l’ordre de deux ou trois mots par page. Du coup, les termes modifiés sautent aux yeux comme d’affreuses fautes d’orthographe. Enlever les doubles consonnes et les accents circonflexes de certains mots, c’est absurde. Supprimer l’accord du participe passé serait bien plus utile. La réforme actuelle est trop légère, voilà pourquoi elle ne fonctionne pas.

Non

X (il a préféré rester anonyme) Professeur de français

J’ai personnellement décidé que je n’appliquerais pas la nouvelle orthographe car les élèves rencontrent déjà assez de difficultés à écrire. D’autant plus que les simplifications proposées ne sont pas intéressantes à mes yeux et que j’estime qu’il est nécessaire de préserver les origines des mots. Il est vrai qu’un problème risque de se poser lors des dictées. Mais si certains de mes élèves veulent utiliser la nouvelle orthographe, je leur répondrai que j’applique l’ancienne. Il n’y a pas à discuter : « oignon » sera toujours « oignon », et pas « ognon ».

Non

Muriel Briot Correctrice chez Dargaud

Je n’utilise pas cette nouvelle orthographe et je ne le ferai jamais. Je suis contre cette réforme parce qu’elle va à l’encontre de l’histoire étymologique des mots. Cela me rappelle les modifications opérées par l’Académie française au XVIIe siècle. L’orthographe a alors été transformée au nom de certaines connaissances erronées. Ces révisions ont conduit entre autres à ajouter un « p » au mot « temps » pour le raccrocher au mot latin « tempus ». Aujourd’hui les termes simplifiés seraient perçus comme des erreurs. Et qu’en sera-t-il de nos lectures ? Un jeune sera perdu lorsqu’il lira Rousseau ou Flaubert, ça lui semblera plein de fautes.

Non et oui

Sonia Beumier Professeur de français

J’utilise l’orthographe classique parce que mes élèves sont largement issus de familles immigrées et qu’ils ont une très mauvaise connaissance de la langue française au départ. Beaucoup d’entre eux n’ont pas fait leur parcours primaire en Belgique et dans les classes de remise à niveau, on leur a enseigné l’orthographe classique. Ce n’est déjà pas évident, donc, si je passe à l’orthographe rectifiée, ils risquent d’être encore plus déboussolés. Mais si un élève décidait d’utiliser la nouvelle orthographe, je ne considérerais pas ça comme une faute.

Oui

Sandrine Blin Chargée de com chez Delhaize

La marque Delhaize a décidé de suivre la proposition de l’Académie française en vue d’utiliser la nouvelle orthographe. De manière pratique, tous nos dépliants ainsi que les emballages de l’enseigne Delhaize utilisent depuis quelques années déjà chaque nouvelle forme du français. Il est vrai que nous avions le choix : l’adopter ou non. Mais au final, nous nous sommes dit : « Pourquoi pas ? » Il est vrai que nous recevons de temps en temps des courriers de clients qui nous indiquent avoir relevé telle ou telle faute d’orthographe, mais il nous suffit dès lors de les mettre au courant de nos nouvelles dispositions.

Non

Charles Franken Traducteur chez Racine

D’une manière générale, je ne peux pas m’imaginer utiliser totalement la version réformée de l’orthographe de la langue française. La raison de ce refus est simple : mes traductions seraient d’office refusées par les éditeurs. Seules quelques petites exceptions sont tolérées, telles que l’emploi du mot « auteure ». Mais appliquer d’autres changements qui risqueraient de choquer davantage les lecteurs, cela ne serait pas accepté dans le monde de l’édition.

Oui et non

Ahmed Belhaloumi Professeur à l’Ihecs

Je suis personnellement favorable à la nouvelle orthographe de la langue française car elle est plus simple à utiliser. Je l’évoque lors de mes cours, j’en parle à mes étudiants, mais je ne l’utilise pas. La raison en est très simple : je ne tiens pas à mettre mes élèves en difficulté lorsqu’ils lisent des livres ou des journaux. J’utiliserai cette réforme quand toutes les éditions adopteront cette orthographe. Maintenant, si un de mes étudiants écrit un texte en utilisant la version réformée de l’orthographe, je ne le sanctionnerai pas. Par contre, s’il mélange l’ancienne et la nouvelle version, alors je lui demanderai de se justifier.

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