Des boues « électriques »
DE VOGELAERE, JEAN-PHILIPPE
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Mercredi 25 mars 2009
Basse-Wavre Rénovation en profondeur de la station d’épuration
Un nouveau bassin biologique va être ainsi ajouté aux quatre existants, qui seront rénovés. Voilà qui permettra de traiter désormais les pollutions phosphorées et azotées de nos eaux usées (provenant des éviers, toilettes, salles de bains, lave-linge et autre lave-vaisselle) avant le renvoi des eaux dans la Dyle. De quoi éviter ainsi son eutrophisation. Le système permettra encore de traiter les eaux de pluie en cas d’orage, ce qui n’était pas possible jusqu’ici.
« Pour ce qui concerne les boues produites par le traitement, nous avons décidé d’investir dans un système de séchage qui sera unique en Wallonie, nous explique Raphaël Lateur, le responsable de la communication à l’IBW. C’est que l’extension de la station, qui emploie dix personnes, devrait faire passer la quantité produite d’environ 2.650 tonnes de matières sèches par an à 6.000 tonnes dans vingt ans. Notre objectif est de réduire le volume des boues en faisant passer leur taux de matières sèches de 40 % à 90 %. Voilà qui permettra de disposer d’un sous-produit mieux conditionné, plus facile à épandre et, donc, plus attractif pour les agriculteurs. »
Ce séchage permettra, en outre, une « désodorisation » des boues. Lesquelles pourront être stockées durant l’hiver, saison d’interdiction d’épandage. Ce qui permettra aussi de répondre à un projet de directive européenne qui devrait imposer un accroissement de leur contrôle et de leur traçabilité.
Mais avant d’être séchées, les boues subiront un processus de biométhanisation qui permettra, par le système de la cogénération, de produire de l’électricité : « Soit environ 4.700 MWh par an, ce qui permettra de couvrir une partie des besoins annuels en électricité de la station. »
Enfin, chantier dans le chantier, pour un montant de 2 millions d’euros, l’IBW profitera des travaux pour offrir aux communes du Brabant wallon, un nouveau service, à savoir celui du traitement des curures d’avaloirs (sables, feuilles mortes…).
« Ce système aura une capacité de 7.000 tonnes de matières brutes par an, conclut Raphaël Lateur. Mais comme les boues qui seront produites sont généralement chargées en fines matières en suspensions et en particules contaminantes, elles ne seront pas valorisées en agriculture, mais devront être incinérées ou éliminées en centre d’enfouissement technique. »
