Le logiciel libre, solution contre la crise
BODEUX,PHILIPPE
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Vendredi 27 mars 2009
Liège Ce samedi, « Journée du libre » à Barricade
« Nous sommes très contents des logiciels libres », explique une secrétaire de l’administration. « Certains employés restent rivés à Word et Excel, prétextant des problèmes de compatibilité avec Open Office. C’est parfois le cas, mais souvent ce sont de fausses excuses, déclare Olivier Duchêne, ingénieur-informaticien à la Ville qui pousse à l’utilisation des logiciels libres. La maintenance est facile, on n’est jamais coincé par des problèmes de rachats de licences. »
Favoriser l’usage des logiciels libres et du système d’exploitation Linux dans les associations liégeoises, c’est le défi de l’ASBL « Bawetic » qui participe ce samedi à la « Journée du libre » au centre culturel Barricade (lire ci-contre). Conférence, ateliers, diffusion de musique et de film : près de 140 associations liégeoises ont été invitées à découvrir les avantages du « libre ».
« En cette période d’austérité, il est intéressant pour une association de s’affranchir des systèmes informatiques payants type Microsoft », explique Christian Jonet, directeur de Barricade. Georgy, responsable de « Bawetic », y voit également des arguments pratiques. « Comme les entreprises, les associations sont confrontées au problème de sauvegarde des données informatiques. Nous apportons des programmes qui répondent à cette nécessité. »
Le modèle défendu par l’ASBL « Bawetic » vise à proposer aux associations « des logiciels libres adaptés à leurs vrais besoins. Sur base des demandes, nous choisissons les logiciels – comptabilité, graphisme, messagerie, back-up des données… – et nous assurons une formation. A la fin, l’association doit être autonome », dit Georgy. « L’argent économisé sur l’achat des licences sert en partie à payer le service de formation, ajoute Christian Jonet. Voire à créer des outils informatiques communs aux ASBL pour améliorer leurs tâches administratives. Notre modèle permet donc de développer de l’emploi local au lieu d’abreuver les multinationales. En renonçant aux logiciels propriétaires, la Ville de Munich a économisé 3,5 millions d’euros. »
La démarche n’est pas que pratico-financière, elle touche aussi aux libertés fondamentales. « Il existe en ce moment en France un projet de loi visant à installer des logiciels espions dans les ordinateurs pour contrôler l’usage d’internet. C’est une atteinte à la vie privée, c’est comme si l’Etat ouvrait votre courrier, déclare Christian Jonet. Comme son codage est ouvert, le logiciel libre ne permet pas pareille dérive. »
L’émancipation technologique défendue par Barricade touche également à la musique. « Actuellement, explique Hugo, responsable de la Clic – Centrale liégeoise d’informations culturelles –, les artistes liégeois liés à la Sabam paient une cotisation pour défendre leurs droits d’auteur mais ne reçoivent quasi rien en retour. Tout va aux grosses pointures. Sans compter que la diffusion de leur musique est payante. Nous proposons dès lors un réseau de diffusion de musique libre – « creative commons » – qui à la fois garantit à l’artiste la paternité de son œuvre et le laisse libre de la diffuser comme il l’entend. »
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