Les poissons prendront l’escalier de service
BURGRAFF,ERIC
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Samedi 28 mars 2009
Daverdisse Trois mille sites à équiper sur la Meuse
Pour comprendre, il faut se rappeler que les poissons migrent volontiers d’un milieu naturel à un autre pour la reproduction. En bref, ils rejoignent le coin tranquille qui les a vus naître pour frayer à leur tour. Cela signifie que les petits ruisseaux affluents de la Lesse par exemple – c’est le cas du Franc Ry – servent de nursery pour les habitants du cours d’eau principal. Le problème, c’est que les croisements avec les routes génèrent des obstacles parfois infranchissables. « Un tuyau bien lisse placé sous une route est en soi un obstacle puisque les poissons ne sont pas capables de le traverser tant le courant est fort. Il leur faut des zones de repos », indique Etienne Dupont, spécialiste de ces questions à la Région wallonne. Il a donc planché sur une solution s’inspirant de l’hydrodynamique d’un ruisseau. Avec un fabricant de produits en béton (la société Leboutte à Marloie), ils ont conçu un tuyau comportant des déflecteurs internes, un peu comme des gros cailloux, permettant d’alterner les zones de courant et les zones de repos. Dont coût : 5.000 euros environ, placement compris, pour 25 mètres. Deux fois rien quand on sait qu’une échelle à poissons classique coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ici, la Région wallonne (direction des cours d’eau et département Nature-Forêt), la Province et la commune de Daverdisse se sont
partagé les frais.
« Ce système n’a jusqu’ici aucun équivalent dans le monde, assure Thérèse Mahy, députée provinciale, et il suscite beaucoup d’intérêt à l’étranger. »
Quel marché pour ce type de produit ? Rien que dans le bassin mosan en Wallonie, il existe 3.000 obstacles comparables à celui de Daverdisse. Encore faut-il désormais que les auteurs de projets intègrent une solution de ce genre dans leurs cahiers des charges.
