Comme un poisson dans le Maelbeek
LEPRINCE,PATRICE
Page 10
Mercredi 1er avril 2009
Découverte Suivez le guide : la plaque d’égout
Et l’événement a débouché sur des idées. Qui ont plu. Dans les deux sens du terme. Comme ce projet de « La Cambre » de réinventer les plaques d’égout. Et puis surtout, une autre « carrément grandiose », sourit le duo : « Maelbeek mon amour ». « MMA est né dans le cadre de l’un des ateliers de travail d’Open Source, au croisement de réflexions sur la disparition du Maelbeek, de la nécessité de valoriser son tracé, et de la possibilité de rendre des plaques d’égout créatives. » Et de faire de ces dernières le fil rouge d’une longue balade tout au long du tracé du cours d’eau voûté dans la deuxième moitié du XIXe siècle. « Produit d’une ville qui a refoulé l’eau. L’idée n’est toutefois pas de remettre le Maelbeek à l’air libre mais plutôt de jalonner son parcours ».
Parfois surplombé d’immeubles et autres constructions inaccessibles, le lit du Maelbeek imaginé par MMA ne sera peut-être l’exacte réplique du tracé originel. « On se permettra peut-être de modifier le tracé historique pour un autre, plus urbanistique et donc praticable ».
Pour faire du petit ruisseau une grande rivière, un groupe de pilotage s’est constitué. Dont fait partie Pierre Bernard, auteur de l’étude de faisabilité du projet. L’architecte a ainsi répertorié près de 500 plaques d’égout en suivant les sinuosités du Maelbeek. Dont 150 de catégorie 1, à savoir visibles depuis le trottoir et transformables en toute sécurité. « Techniquement, le projet consiste à remplacer les couvercles par des motifs créatifs issus d’un concours à idées, ce qui est tout à fait envisageable avec le concours d’une fonderie, par exemple. »
C’est que le MMA se veut multifacettes. « Nous souhaitons créer un mouvement de gens solidaires à ce projet qui, comme le Maelbeek traverse plusieurs communes avec des populations très différentes et des quartiers aussi contrastés que les places Flagey et Saint-Josse, reprennent les coordinateurs. Il y a donc une perspective créatrice et collaboratrice pour tendre vers une œuvre en réseau. Nous voulons recréer du flux là où l’eau a disparu. »
Dès ce mois d’avril, le comité de pilotage conviera riverains, écoles, acteurs sociaux et culturels ainsi que pouvoirs publics locaux à découvrir et à participer au projet. Première étape, ce 1er avril dès 20 heures à Saint-Josse au « Thé au harem d’Archi Ahmed », un établissement de la chaussée de Louvain.
