La démolition des tours relancée

BODEUX,PHILIPPE

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Mercredi 1er avril 2009

Liège La mise sous concordat de Pieck aura coûté deux mois de retard

Sept cents logements sociaux mis à terre. Attribuée à Pieck, la première phase est reprise par De Meuter.

L’échevine liégeoise du logement et des affaires économiques est tout sourire : la démolition de deux des cinq tours de l’avenue de la Croix-Rouge à Droixhe va pouvoir enfin commencer. « La société Pieck auquel avait été attribué le marché de démolition le 17 novembre dernier a cédé le marché au deuxième mieux-disant, la société De Meuter. Le chantier va débuter dès la semaine prochaine », explique Maggy Yerna.

On se rappelle que le 11 février dernier, la société Pieck – en difficultés financières – avait obtenu du Tribunal de commerce la mise sous concordat après avoir signifié à la Ville son incapacité à entamer les travaux pour lesquels elle avait été choisie : la mise par terre de deux tours de 130 logements chacune. Un chantier de 1,3 million d’euros préliminaires à la requalification du quartier.

Pas de dédommagements

« Nous déplorons la situation financière de Pieck mais la cession du marché à la deuxième société ayant la meilleure offre était la seule solution permettant d’exécuter le chantier dans les délais », poursuit l’échevine du logement qui ne compte pas demander de dédommagements pour les deux mois de retard.

Dans un premier temps – d’ici la fin avril –, la société De Meuter va procéder au désamiantage de la tour 1 – celle située côté quartier de Bressoux – puis, dès le mois de mai, entamer le grignotage de la tour par l’intérieur. Ensuite, elle démolira les parties extérieures en les évacuant par le trou creusé à l’intérieur. Il s’agit d’une « méthode douce » qui tient compte de l’environnement immédiat. Pour la tour 13 – située à l’autre extrémité – la démolition sera faite dans la foulée.

Parallèlement à ce chantier, le nouveau propriétaire du site de Droixhe qui appartenait naguère à la Maison liégeoise – la Filiale immobilière publique de la Régie communale autonome – s’apprête à lancer un appel d’offres pour la démolition de deux immeubles supplémentaires : l’immeuble Micha, vidées de ses occupants, et l’immeuble Chainaye, en voie d’évacuation.

1.400 logements à terme

Ce sont donc 470 logements supplémentaires qui vont être mis par terre. In fine, des 1.800 logements sociaux actuels, il restera, après reconstruction, un mélange de 1.400 logements sociaux et moyens.

« Nous allons introduire de la mixité sociale en construisant notamment des maisons unifamiliales, du commerce, des appartements résidence-services pour personnes âgées », rappelle Maggy Yerna qui espère pouvoir lancer l’appel d’offres à partenaires privés d’ici le mois de mai. En tout ce ne sont pas moins de 95 millions d’euros d’investissements qui sont attendus du secteur privé. « Il par exemple prévu que le privé rénove les trois tours centrales de l’avenue de la Croix-Rouge », explique Maggy Yerna. Quant aux pouvoirs publics, ils doivent investir environ 90 millions d’euros dans la requalification de la plaine de Droixhe. Une somme qui comprend les démolitions, et le paiement de la dette d’emprunt relative aux immeubles détruits.

Cinquante tonnes d’immondices évacuées

Des pneus, des vieilles portières, des matelas, des poubelles éventrées, des résidus d’huile usagée et toutes sortes de déchets encombrants… En quelques semaines, le pied des tours de l’avenue de la Croix-Rouge est devenu un immense dépôt sauvage d’immondices. Certains habitants du quartier, affirment même y avoir vu des ferrailleurs du coin dépecer des voitures.

« L’environnement autour des tours de l’avenue de la Croix-Rouge donne une impression d’abandon, reconnaît Maggy Yerna. Avec un sentiment d’impunité pour ceux qui y déposent leurs déchets. C’est plus que de l’incivilité ! » Face à cette montagne d’immondices, la Ville n’a pas eu d’autre choix que de lancer un appel d’offres pour faire évacuer les déchets et procéder à un nettoyage du site. Durant dix jours, une société privée procède donc à un véritable assainissement des lieux. Plus de 50 tonnes de déchets sont en train d’être évacués soit l’équivalent de 180 m3. Ce qui représente un coût de 20.000 euros pour le propriétaire du site de Droixhe, la Filiale immobilière publique (FIP).

« Le nettoyage est entièrement aux frais de la FIP car il n’est pas normal que les locataires en fassent les frais, déclare l’échevine du logement. Il s’accompagne d’une aide du service propreté de la Ville chargé de nettoyer le terrain public et de la police chargée de la surveillance des lieux ».

Une question demeure : comment, en quelques semaines, autant de déchets ont-ils pu s’accumuler au pied des tours, en toute impunité ? « Nous sommes face à des personnes inciviques qui, prises sur le fait, se révèlent insolvables. Il est donc difficile d’agir. Mais à l’avenir, le site sera davantage surveillé par la police et nous passerons à la vitesse supérieure en cas de récidive ».

Dans le même temps, de nouveaux dépôts sauvages sont apparus au pied de l’immeuble Chainaye et sur le parking de l’immeuble Micha, vidé de ses occupants. « Il s’agit d’une zone à risque, déclare Daniel Renwa, directeur du plan zonal de sécurité à la police de Liège. Des personnes ont été identifiées et seront poursuivies », assure-t-il.

L’échevinat de la propreté s’apprête à lancer une action spéciale à Droixhe comme il y en a eu dans les quartiers de Saint-Léonard et Sainte-Marguerite. « Nous rappelons le règlement, verbalisons puis nettoyons, explique l’échevin André Schroyen. Ceci dit, il est important de détecter à temps l’émergence de dépôts et d’agir rapidement ».

Une logique d’action qui, dans le cas de Droixhe, a tardé à se mettre en place.

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