Sylvie Lainé invente les décors et les esprits du futur

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE

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Vendredi 3 avril 2009

Sylvie Lainé dirige à l’université Jean Moulin de Lyon l’Equipe de recherche sur les systèmes d’information et de communication des organisations et des médias. C’est sans doute ce qui donne à son œuvre de science-fiction une formidable impression de réalité. Car elle ne se contente pas d’imaginer des futurs, d’en décrire les décors, les moyens de transport, les unités d’habitation, les voyages spatiaux, les clones et les simulacres : elle analyse les mentalités que ces futurs véhiculent.

Comme dit l’écrivaine Catherine Dufour dans sa préface : « Elle n’entasse pas des vaisseaux spatiaux : elle crée une esthétique de l’avenir et nous montre, in situ, la perturbation des sens qui découle des avancées scientifiques. »

Sylvie Lainé n’est pas prolixe : une trentaine de nouvelles depuis 1984. Mais elles sont ciselées, elle en a éliminé toute la graisse, il n’en reste que le muscle, goûteux, savoureux, avec cet arôme de mystère que les épures lâchent dans leur sillage.

Ces nouvelles sont éparses, dans une revue ou une autre, une anthologie ou une autre. Actusf a décidé d’en rassembler les meilleures en trois volumes. Deux sont déjà parus : Le miroir aux éperluètes et Espaces insécables. Un troisième verra le jour en juin.

Espaces insécables, c’est six nouvelles. On devrait dire : six bijoux. Pour l’imagination, la concision et l’analyse cynique et amusée à la fois de nos travers, qui resteront nos travers demain. Et pour la simple beauté de concepts nouveaux, comme ce langage olfactif des Spiriens dans « Le chemin de la rencontre » ou l’analyse musicale des paysages de cette lointaine planète dans « Définissez : priorités ».

Ce recueil de nouvelles est aussi, c’est important, un bel objet. Couverture de Gilles Francescano, petit livre qu’on peut emporter partout, C’est la politique d’Actusf, le site web de l’actualité de la science-fiction, qui s’est lancé dans l’édition il y a deux ans, à raison de deux titres tous les deux mois. On a déjà eu un Genefort, des Wagner, un Calvez, un Darnaudet, des petits guides (de la fantasy, de la SF étrangère, de l’imaginaire français), des essais. La maison vient d’éditer un Jack Vance de 180 pages, le plus gros de la collection, et un Thomas Day. Elle va publier une nouvelle inédite de Robert Silverberg. On est content.

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