Un doigt de potion antimorosité
STIERS,DIDIER
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Jeudi 9 avril 2009
Cinéma Le 27e Festival du film fantastique de Bruxelles débute ce jeudi soir
Il y a 27 ans, tout était plus simple : il suffisait de quelques copains débrouillards pour monter un événement consacré à un genre cinématographique alors regardé de haut. Cerise sur le gâteau : les réalisateurs par encore stars, tels Peter Jackson ou David Cronenberg par exemple, faisaient volontiers le détour par Bruxelles pour apporter leur bonne parole à un public forcément en manque. Entre les budgets réduits pour cause de crise ou autre, les films qu’on se procure aujourd’hui beaucoup plus facilement qu’il y a un quart de siècle et les remises en question amenées par tout cela, il est clair qu’il n’y a pas qu’une raison pour expliquer l’élagage de cette année. Ou le ton très nostalgique qui a prévalu, il y a un mois, lors de la présentation de cette édition.
Heureusement, nouvelle édition il y aura bel et bien. Le Bifff démarre ce jeudi soir. Une seule projection au programme : la séance d’ouverture est dévolue à Coraline, film d’animation en 3D signé Henry Selick, le réalisateur à qui l’on doit déjà L’étrange noël de Monsieur Jack ou encore James et la pêche géante. Visuellement parlant, on y retrouve l’univers fantastico-macabre du premier, avec ces personnages filiformes et ces animaux à l’allure inquiétante. Quant à la Coraline du titre, il s’agit d’une petite fille à la personnalité affirmée (que sa marionnette rend d’ailleurs joliment), mais délaissée par des parents fort occupés. Quand elle découvre dans la maison où tout ce petit monde vient d’emménager une porte menant à une famille « parallèle » ressemblant à celle dont elle rêve, elle va multiplier (un peu longuement) les allers-retours, en dépit du danger.
Après cette ouverture grand public (Coraline sortira dans les salles le 10 juin), l’éclectisme est de mise. Signalons que la sélection du 7e Parallèle (dans le film de genre, c’est un peu le cinéma d’auteur) a été rapatriée dans la grille générale. L’inconfortable deuxième petite salle de l’année dernière est en effet passée à la trappe !
Eclectisme donc dès vendredi. A minuit, Yoroi : samourai zombie du réalisateur japonais Tak Sakaguchi est le genre de film qui met de l’ambiance au Bifff : surjoué, sanglant, dingo. Pour le reste, tout est dans le titre !
Tout aussi sanglant mais autrement plus malin est ce Chaser, premier film du Coréen Hong-Ji Na, récemment primé au Festival du film asiatique de Deauville. Malin et sous tension, mais aussi pimenté d’humour noir et de sentiments, à la manière d’un Memories of murder ou The host. L’histoire ? Un proxénète, ex-flic, traque le serial killer qui lui a enlevé (et passablement esquinté) certaines de ses filles. Du tueur, on sait tout au bout de trente minutes, sauf que le réalisateur tient son public en haleine deux heures durant. Comment ? Rendez-vous samedi. Juste avant la Nuit fantastique, ses projections non-stop et ses croissants distribués à l’aube aux survivants. Eh oui ! ce festival-là compte ses inconditionnels, un noyau dur grâce auquel la traversée de ces temps difficiles se fera peut-être sans trop de casse.
P.28 L’invasion « Star trek » débute au Bifff
PRATIQUE
Oreilles pointues, « beam me up » et tutti quanti
Cinéma « Star Trek », petit dernier d’une longue saga, projeté en avant-première au Festival du film fantastique de Bruxelles
Si peu de choses ont déjà filtré à propos de ce onzième long-métrage de la saga imaginée dans les années 60 par Gene Roddenberry, c’est bien entendu pour cause de campagne marketing savamment orchestrée. Rien de tel en effet qu’un bon « buzz » pour tenter de raviver une franchise qui, sous ses diverses déclinaisons, a fait les beaux jours du petit écran d’antan et a connu des fortunes diverses dans les salles.
Cet épisode 11 revient aux origines et aux événements qui ont mené à la formation de l’équipage de l’Enterprise. C’est à J. J. Abrams qu’a été confiée cette délicate résurrection. Le CV du réalisateur new-yorkais parle pour lui : créateur des séries Lost et Alias, on lui doit aussi des blockbusters comme Mission impossible 3.
Des images du nouveau film ont cependant déjà été montrées, notamment lors d’une projection de quelques séquences organisée il y a peu à l’intention de la presse. Première constatation : on est loin de l’univers en carton-pâte qui faisait le charme des premiers épisodes en télé. Effets digitaux à gogo et séquences d’action spectaculaires (dont une impressionnante chute libre le long d’une tour de forage) : à ne déguster évidemment que sur grand écran. En casant ses souvenirs d’enfance au vestiaire : délaissant l’escrime, Sulu joue désormais du katana et se bat comme dans Matrix. Quid du message humaniste voulu par les créateurs de la série, qui ont toujours voulu éviter le « soap opera » ou le film de science-fiction à la Star Wars (on se rappellera du couplet écolo eighties de Star Trek 4 : retour sur Terre) ? « Wait and see », comme on dit sur Vulcain. Toutefois, les connaisseurs apprécieront : comme il y est question d’une faille temporelle créée par les méchants Romulans, on y retrouvera Leonard « Spock » Nimoy, 78 ans depuis ce 26 mars. Le jeune Spock est incarné, lui, par Zachary Quinto. Simon Pegg (le flic stakhanoviste de Hot fuzz) joue Scotty, et Chris Pine, James T. Kirk.
Pas de raison en tout cas pour que le Bifff échappe à cette campagne annonciatrice. Star Trek XI est non seulement ce qui se cachait dans le programme de cette année sous l’étiquette « film surprise » du 15 avril, mais deux des acteurs feront en outre le déplacement jusqu’à Tour & Taxis. Sous bonne garde, Karl Urban (le Docteur McCoy) et John Cho (Hikaru Sulu) monteront le même soir sur scène pour la traditionnelle séance de questions/réponses introduite par, on l’imagine, la non moins traditionnelle et rigolarde demande du public : « Une chanson ! Une chanson ! » Quant à ceux qui rateront la séance pour cause de téléportation défectueuse, qu’ils se rassurent : ce Star Trek-là atterrira le 6 mai dans les salles.
