Vers la catastrophe, forcément
VERSTRAETEN,GUY
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Vendredi 10 avril 2009
ULB L’aide médicale indispensable pour les sans-papiers
Un début, parce que la grève de la faim, suivie depuis le 27 février par 234 des 282 occupants du hall des sports de l’ULB, est amenée à se prolonger. Dans la détermination. Une vingtaine de sans-papiers sont en grève de la soif. Risque de morts. Besoin d’aide médicale.
Le Comité de liaison, qui joue les passerelles entre les sans-papiers et les autorités de l’université, parle d’un besoin de 80 docteurs. Quelques bénévoles, étudiants ou associatifs relativisent ce chiffre. Mais tous s’accordent : c’est d’une véritable « médecine de guerre » dont il est question. Les cas les plus préoccupants d’abord, les autres… Si possible.
Dans la nuit de dimanche à lundi, plus d’une trentaine d’ambulances ont cheminé vers le Solbosch : intenable pour les services de secours de la Région. « Vous n’êtes pas vraiment malades. Mangez, et tout ira mieux », aurait dit un médecin excédé.
Un appel au secours médical a été lancé. Au moment d’écrire ces lignes, 4 médecins, deux infirmiers et un étudiant se sont inscrits pour venir, en dehors de leurs horaires d’activités, au secours de ces hommes, femmes, et enfants en détresse. « Ce n’est pas du chantage, c’est du désespoir. On attend simplement l’ouverture d’un dialogue », prêche Amin Brahami. « J’insiste : cette grève de la faim est un choix individuel de chacun des occupants », ajoute Alassane Ly.
Autrement dit, l’ULB a beau regretter la grève, qu’elle « ne soutient pas, sans la condamner », le mouvement devrait se poursuivre pour un moment encore. Tant qu’Annemie Turtelboom (Open-VLD) et son gouvernement n’auront pas débloqué la situation en établissant des critères clairs de régularisation. Et ce, malgré sa récente sortie tire-larmes : « Personne, ici, n’est concerné par les derniers critères en date qu’elle a avancés… »
Quand notre photographe arrive pour ajouter le choc des photos à l’impuissance actuelle des mots, un bénévole lui demande, plein d’espoir : « Vous êtes médecin ? » L’urgence, en plein Ixelles.
