Van Cau : un voyage « dans la norme »
LAMENSCH,MICHELLE
Jeudi 16 avril 2009
EXCLUSIF Le député MR Jean-Pierre Dardenne fera rapport ce jeudi, au parlement wallon, sur la mission controversée menée par six députés wallons en Californie. Dès ce matin, sur la RTBF, il a reconnu des « erreurs ». Un autre des participants, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), nous affirme qu’il s’agissait d’un voyage « tout à fait dans la norme ».
« Le Soir » a cueilli le député PS Jean-Claude Van Cauwenberghe quatre heures après sa descente d’avion, à l’issue d’une mission parlementaire fortement contestée. Morceaux choisis.
Vous avez quitté l’aéroport de Bruxelles par la porte protocolaire, interdite au public…
J’étais entré par là, je suis sorti par là.
Une fois aux Etats-Unis, avez-vous réalisé que ce voyage posait problème ?
On avait la revue de la presse tous les jours. On a bien mesuré la polémique que cela suscitait.
A chaud, que retirez-vous de cette mission de onze jours ?
Le rapport sera communiqué en priorité, ce jeudi, au Bureau du parlement et à la conférence des présidents. Il y a un vrai débat, aux Etats-Unis, sur les pouvoirs de l’Etat fédéral et ceux des Etats fédérés. Avec Obama qui veut mener des politiques plus généralistes et qui a besoin d’avancer sur l’autonomie des Etats. Comme constitutionnaliste, j’ai trouvé ça intéressant.
Il y a eu sept jours de voyage et de tourisme et quatre jours de travail. Cela vous trouble-t-il ?
C’est toujours la norme, vu les distances parcourues. Le lundi de Pâques, nous avons exceptionnellement travaillé alors que personne ne travaillait en Belgique…
A San Francisco, vous êtes descendus trois jours au Ritz-Carlton, un hôtel très luxueux…
Non, moyen. Mais, en dehors de la saison, ils font des prix de groupe tout à fait exceptionnels. L’agence nous a dit que c’était 150 euros. C’est vraiment rien. A Sacramento, le Hyatt n’était vraiment pas très bien. Moi qui n’ai fait que quatre voyages avec le parlement wallon, je pense que ce voyage-ci était de moindre qualité.
Avez-vous déjà une idée du montant que vous vous êtes engagés à rembourser ?
Non. Il faut faire des calculs savants. Il ne faut pas rembourser l’interprète, faut quand même pas pousser…
A ce propos, la délégation belge parlait-elle anglais ?
Quelques-uns, mais pas assez pour suivre des réunions. Nous avions, chaque fois, un traducteur.
Trouvez-vous normal que les épouses vous aient accompagnés ?
Je vous le répète, c’est comme ça depuis dix ans. J’entends dire par tous ceux qui « en ont été » hier et qui jugent aujourd’hui qu’il y avait le contexte difficile de la crise et la proximité des élections. Je ne suis pas sûr que le parlement n’ait pas voyagé, jadis, les jours où on élaborait un budget extrêmement difficile pour la Wallonie. Ce voyage était tout à fait dans la norme des autres effectués par le parlement. Ceux-là étaient-ils justifiés ? Peut-être pas… C’est un grand débat.
Les présidents des trois partis, PS, MR et CDH, ont désapprouvé ce voyage en Amérique…
Je ne sais pas. On stigmatise le fait que nous ayons voyagé en « business class ». Toutes les autres institutions, en ce compris leurs fonctionnaires, font de même dès qu’il y a plus de cinq heures de vol. Nous avons payé les billets de nos épouses.
Les épouses n’ont payé que l’avion…
Oui. Les députés qui voyageaient avec leur épouse ne recevaient que la moitié du per diem (75 euros au lieu de 150, NDLR).
Qu’est-ce que tout cela apporte à la Wallonie ?
Comme pour tous les autres voyages, cela apporte la « diplomatie parlementaire ». Nous avons été reçus au plus haut niveau dans tous les parlements. Les Flamands venaient de passer, les parlements se visitent les uns les autres. Aucun parlement au monde ne reste dans ses murs.