Les petits abattoirs inquiets
DRUEZ,NICOLAS
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Jeudi 16 avril 2009
Vielsalm Un statut plus contraignant
Le 1er janvier 2010, l’abattoir familial passera sous statut européen. Conséquence : l’outil sera soumis à une législation encore un peu plus contraignante. D’autres petits abattoirs luxembourgeois sont concernés. L’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) a procédé à un contrôle, début mars, chez Pierre Léonard.
« Plusieurs remarques m’ont été notifiées, par exemple l’obligation d’avoir deux vestiaires », note le boucher.
La perspective de voir ses installations battre pavillon européen le laisse perplexe. « Je ne suis pas opposé à réaliser certains aménagements. Ce qui me dérange, c’est qu’on va constamment nous demander d’effectuer des travaux car la réglementation est toujours plus draconienne. Une fois qu’on commence, on est dans un engrenage », analyse-t-il.
Pierre Léonard tue 1.200 bêtes par an, surtout des bovins et des porcs. Il abat pour lui et pour de nombreux agriculteurs et particuliers de la région : « Je suis agréé depuis 1995 ! » Avec cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête, il ne sait s’il pourra encore offrir les mêmes services à l’avenir.
Le Salmien n’est d’ailleurs pas le seul à s’inquiéter. Benoît Poncelet, boucher à Paliseul, possède aussi un petit abattoir. « Je l’utilise pour mon propre compte. Je suis prêt, si nécessaire à effectuer des transformations. Je ne suis cependant pas demandeur du cachet européen. Je n’ai pas besoin d’exporter et je pourrais continuer à fonctionner comme aujourd’hui. Nous aurons peut-être à payer des frais d’expertise supplémentaires, etc. Il y a aussi le transport, si les bêtes doivent être abattues plus loin », constate-t-il.
Leur espoir réside dans un assouplissement des normes ou l’octroi d’une dérogation. Ils auront en principe l’opportunité de relayer leurs craintes lors d’une prochaine rencontre avec la ministre fédérale de l’Agriculture, Sabine Laruelle (MR), et des représentants de l’Afsca.
