« Avalam » ressort de l’oubli : empilez !
DE VOGELAERE, JEAN-PHILIPPE
Samedi 18 avril 2009
Le jeu belge le plus primé au monde a été inventé par un Waterlootois. Dans sa baignoire ! Après une parenthèse de douze ans, il va être relancé grâce à une société de Nil-Saint-Vincent, en Brabant wallon aussi.
Sorte de David Copperfield du jeu de société, le Waterlootois Philippe Deweys sourit. Il ne crie pas « Alakazam » en nous montrant la nouvelle version de son « Avalam », mais ça y ressemble. Car, c’est comme si après une parenthèse de douze ans, ce jeu belge le plus primé au monde, notamment par « L’as d’or du jeu de l’année » à Cannes, du « 6/6 » au Québec ou du « Top 5 du Mensa Select » aux Etats-Unis, ressortait par magie de l’oubli.
« J’ai vraiment été surpris quand j’ai été approché par Vincent Sélenne, de la société Art Of Games, à Nil-Saint-Vincent, qui me disait relancer ce jeu, nous explique-t-il. C’est que je n’ai connu que des déboires depuis son lancement en 1995 : droits impayés, faillite, avocat qui disait vouloir me faire retrouver mes droits d’auteur, reprise par une société qui ne trouvait pas de distributeur mais j’ai compris que c’était plus pour protéger les ventes d’un jeu concurrent,… Pourtant, aujourd’hui, je reprends confiance. Via la chaîne française Asmodée, Avalam (1) va être distribué dans quatorze pays, en Europe mais aussi aux Etats-Unis, en Inde, en Australie et en Nouvelle-Zélande. »
Et de se rappeler que c’est dans sa baignoire qu’il a inventé ce jeu : « J’étais à une époque où, après des petits métiers, je voulais montrer que je savais créer. Comme cela ne perçait pas en musique, j’ai choisi un secteur que je n’aimais pas trop. Je me suis mis à faire bouger des pions imaginaires sur le carrelage de ma salle de bain. Jusqu’à ce qu’un soir, à la télévision, sur une chaîne hollandaise, je découvre la position tantrique d’avalam bitaka, avec une femme s’asseyant sur un homme. L’idée de faire chevaucher les pions était née. »
Car c’est là l’originalité de ce jeu. Chacun choisit une couleur, mais peut même jouer avec les pions de l’adversaire pour les empiler sur les pions contigus, jusqu’à un maximum de cinq. Gagne celui qui dispose le plus de « tours » avec sa couleur au-dessus. Simple, efficace, se joue à deux en 15 minutes, mais stratégiquement diabolique.
« Ce jeu est vraiment génial !, tonne Philippe Deweys. Un ami informaticien a calculé qu’il y avait moyen de réaliser plus d’un milliard et demi de combinaisons. Voilà qui ouvre des perspectives pour un jeu informatique. Et si cela marche enfin pour Avalam, j’ai encore plein d’autres jeux en attente… »
