Les étudiants piratent massivement

BELGA

Vendredi 24 avril 2009

79 % des fichiers vidéo téléchargés par les étudiants en Belgique le sont de manière illégale. Ce chiffre s’élève à 64 % pour les fichiers audio et à 62 % pour les fichiers jeux. Les trois associations qui ont commandé cette étude demandent que les pouvoirs publics se penchent rapidement sur le problème.

Près de 80 % (79 %) des fichiers vidéo téléchargés par les étudiants en Belgique le sont de manière illégale, selon une étude sur le téléchargement réalisée auprès des étudiants pour le compte de la Sabam, la BSA (Bussiness Software Alliance) et la BAF (Belgain anti-piracy federation). Ce chiffre s’élève à 64 % pour les fichiers audio et à 62 % pour les fichiers jeux.

« Ces chiffres montrent l’urgence de prendre des mesures à l’encontre de l’offre illégale présente sur internet », estime Christophe Van Mechelen, manager de la BAF. « De nombreux pays se penchent sur le type de mesures à prendre dans ce domaine » poursuit Olivier Maeterlinck, directeur de la BSA. « Il semble que la Belgique soit le seul pays où ce type de réflexion ne se fait pas encore. »

Illégalité ignorée

L’étude révèle également que 90 % des jeunes interrogés déclarent utiliser internet pour télécharger films, jeux vidéos, musique et logiciels. Ils utilisent le plus souvent la connexion familiale pour effectuer ces téléchargements. « Les jeunes ne sont pas toujours conscients qu’ils sont dans l’illégalité », explique encore Olivier Maeterlinck. » Certains sites, qui réclament paiement pour télécharger ne reversent en effet aucun droits d’auteur et sont donc tout aussi illégaux que des sites gratuits. »

Peu d’achats

Le rapport téléchargement/achat est aujourd’hui considérablement déséquilibré au profit du téléchargement, indique encore l’étude. Le panel de jeunes interrogés a ainsi indiqué avoir effectué 1.332 téléchargements de morceaux de musique par an, pour 6 achats de CD, et téléchargé 108 films pour 7 sorties au cinéma par an. » Il y a tout un travail d’éducation à faire », estime Pierre Van Braekel du label Bang. « Autrefois, on achetait une cassette audio, un vinyl ou un CD. Aujourd’hui, sans support matériel, les jeunes ne se rendent plus compte que se procurer de la musique, c’est aussi acheter un bien. »

Au cours de la présentation des résultats de l’étude, la Sabam, la BSA et la BAF ont également donné des chiffres permettant de mesurer l’impact de la piraterie sur le secteur de la musique, du film, des jeux et des logiciels en Belgique. Pour la musique, les ventes de CD et DVD auraient baissé de 49 % entre 1998 et 2008. Pour les films, la perte de recettes serait de 10 % des revenus sur base annuelle. Les droits distribués par la Sabam auraient baissé de 40 % ces 7 dernières années pour les revenus offline et de 35 % pour les revenus online.

Logiciels sans licences

En ce qui concerne les logiciels, la BSA estime que 25 % des logiciels dans les entreprises sont installés sans licence légale, ce qui représente une perte de 223 millions de dollars.

Face à l’ampleur de ces chiffres, les trois associations demandent que les pouvoirs publics belges se penchent rapidement sur le problème du téléchargement illégal. Selon elles, les secteurs de la musique, du film, des jeux et des logiciels représentent environ 55.000 emplois en Belgique. 30.000 auteurs, compositeurs et auteurs sont membres de la Sabam.

(belga)

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